Principaux renseignements
- La Marine américaine considère désormais les déploiements de plus de sept mois comme la norme opérationnelle au Moyen-Orient.
- La prolongation des missions impose un stress psychologique important aux marins et à leurs familles.
- De nouveaux réseaux logistiques garantissent des chaînes d’approvisionnement fiables pour soutenir simultanément plusieurs groupes aéronavals.
En raison des tensions persistantes et des actions militaires impliquant l’Iran, la Marine américaine a l’intention de continuer à recourir à des déploiements prolongés pour ses porte-avions à propulsion nucléaire au Moyen-Orient.
L’USS Theodore Roosevelt (CVN-71) devrait s’inscrire dans cette tendance, avec une mission susceptible de dépasser sept mois. Ce navire, accompagné de la 11e escadre aérienne embarquée et de ses escorteurs, doit quitter San Diego sous peu pour prendre la relève de l’USS George Washington (CVN-73) dans la zone de responsabilité du Commandement central américain.
Le coût humain
La nécessité d’une présence navale persistante découle de l’opération « Epic Fury », qui a débuté fin février. Cette opération consistait à mener des frappes contre des cibles iraniennes et à mettre en place un blocus maritime depuis la mer d’Oman. Cependant, cet état de conflit permanent a eu des répercussions sur le personnel. L’amiral Daryl Caudle, chef des opérations navales, a reconnu le stress important auquel est soumise la flotte et a souligné la nécessité d’une planification plus précise. Il a fait remarquer que les prolongations de courte durée créent une instabilité pour les marins et leurs familles, suggérant que la Marine doit mieux prévoir la durée des missions lorsqu’elle opère dans des zones à haut risque.
Missions prolongées
L’histoire récente met en évidence une tendance à des missions exceptionnellement longues. L’USS Gerald R. Ford (CVN-78) vient de conclure une mission de 326 jours — la plus longue depuis la Guerre froide —, bien que son équipage ait bénéficié d’escales occasionnelles en Méditerranée et dans les Caraïbes.
En revanche, l’USS Abraham Lincoln (CVN-72) a connu une expérience plus éprouvante, passant environ huit mois et demi en mer sans aucune escale. Déployé depuis San Diego en novembre pour apporter son aide dans le conflit Iran-Contra, le Lincoln avait atteint 295 jours de mission à la mi-septembre, frôlant ainsi le record établi par le Ford.
Approvisionnement
L’instabilité opérationnelle s’est encore manifestée lorsqu’un F-35C de l’escadre de l’Abraham Lincoln a intercepté et détruit un drone iranien qui s’était aventuré trop près du groupe de frappe. Cet événement s’est produit pendant une période d’agressivité accrue, coïncidant avec les efforts de Washington pour renforcer sa puissance navale dans la région en déployant potentiellement plusieurs porte-avions simultanément.
Ces missions prolongées ont contraint la Marine à revoir ses stratégies logistiques. Afin de soutenir simultanément deux groupes de frappe en mer d’Oman, la Marine a mis au point un réseau d’approvisionnement sophistiqué. Ce système a intégré les ressources de Diego Garcia et coordonné la livraison de pièces essentielles en provenance des États-Unis, du Japon, des Philippines et de Singapour. L’amiral Caudle a indiqué que ces améliorations ont permis d’obtenir un processus de ravitaillement en mer plus fiable et plus prévisible, résolvant ainsi bon nombre des défaillances logistiques initiales.
Une nouvelle norme
Les précédents établis par l’Abraham Lincoln et le Gerald R. Ford ont redéfini la planification navale. Alors que le Theodore Roosevelt s’apprête à remplacer le George Washington, la Marine américaine considère désormais les déploiements d’une durée supérieure à sept mois comme une possibilité opérationnelle standard pour ses missions au Moyen-Orient. (fc)
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