Plusieurs pays de l’UE souhaitent à nouveau utiliser les avoirs russes gelés au profit de l’Ukraine


Principaux renseignements

  • Plusieurs pays européens exhortent l’UE à utiliser les avoirs russes gelés pour venir en aide à l’Ukraine.
  • Un nouveau cadre de partage des risques vise à protéger la Belgique d’une responsabilité juridique exclusive.
  • Les déficits budgétaires critiques rendent d’autant plus urgente cette augmentation des fonds.

Plusieurs pays européens appellent l’Union européenne à relancer les discussions concernant une initiative précédemment suspendue visant à utiliser les avoirs russes gelés pour venir en aide à l’Ukraine. Dans une communication officielle adressée à la responsable de la politique étrangère de l’UE, Kaja Kallas, les ministres des Affaires étrangères de la Suède, de la Pologne, des Pays-Bas et de l’Espagne ont fait valoir que le moment était idéal pour relancer cette stratégie. Les ministres ont souligné que l’Ukraine avait besoin d’une aide financière accrue pour répondre à ses besoins immédiats et futurs, notant que l’utilisation de ces fonds obligerait la Russie à financer les dommages qu’elle a causés tout en allégeant la pression financière qui pèse sur les citoyens européens.

Surmonter les impasses passées

Bien que l’idée de tirer parti des fonds souverains russes immobilisés soit devenue une priorité politique majeure en 2025, l’UE n’avait pas réussi à parvenir à un consensus. Cette impasse était en grande partie due à la résistance de la Belgique, où se trouvent principalement ces avoirs. Cette proposition devrait être au cœur d’une prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE en Irlande, une information révélée pour la première fois par le Financial Times.

Cadre proposé de partage des risques

Les quatre ministres ont suggéré que des experts de la Commission européenne étudient d’autres méthodes pour mobiliser ces actifs. Leur objectif est de mettre en place un cadre dans lequel les risques potentiels seraient répartis équitablement entre tous les États membres de l’UE, afin qu’aucun pays ne supporte à lui seul une part disproportionnée de la responsabilité.

Rôle de la Belgique

Actuellement, seuls les intérêts générés par les avoirs gelés sont versés à l’Ukraine. La Belgique avait auparavant bloqué les tentatives d’accès au capital, craignant d’être seule responsable de toute riposte juridique de la part de la Russie. Une part importante de ces fonds est détenue par la chambre de compensation Euroclear, basée à Bruxelles.

Cependant, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prevot, a récemment indiqué lors d’un déplacement à Kiev que son pays pourrait soutenir ce plan à condition que des accords de partage des risques soient mis en œuvre.

Déficits budgétaires

Cette demande de financement intervient à un moment critique. Le président Volodymyr Zelensky a indiqué que l’Ukraine était confrontée à un déficit de 27 milliards de dollars dans son budget de défense pour l’année en cours. Parallèlement, des informations de Bloomberg suggèrent que le Kremlin pourrait envisager d’intensifier ses opérations militaires, estimant que les efforts diplomatiques en vue d’un accord de paix ont échoué. (fc)

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