Des sous-marins russes cartographient les infrastructures sous-marines britanniques, selon un rapport


Principaux renseignements

  • Les sous-marins russes du GUGI cartographient secrètement les câbles sous-marins en vue d’un éventuel sabotage.
  • L’OTAN considère ces attaques de guerre hybride comme des déclencheurs potentiels de la défense collective prévue par l’article 5.
  • Les perturbations persistantes en mer Baltique témoignent d’un effort visant à affaiblir les infrastructures occidentales.

Un rapport récent du Service de recherche du Congrès met en évidence l’utilisation de sous-marins russes spécialisés pour cartographier des infrastructures sous-marines vitales à proximité du Royaume-Uni. Cette activité est considérée par les responsables occidentaux comme s’inscrivant dans une stratégie plus large de guerre hybride.

Conduites et câbles posés sur les fonds marins

Coordonné par l’analyste Andrew S. Bowen et son équipe, ce document synthétise des recherches universitaires et des renseignements officiels afin d’informer les législateurs américains sur les actions perturbatrices de la Russie à travers l’Europe à la suite de l’invasion de l’Ukraine en 2022.

Le gouvernement britannique a révélé en avril 2026 que la Russie avait secrètement cartographié des gazoducs et des câbles posés sur les fonds marins, se préparant potentiellement à de futurs actes de sabotage. En réponse, l’ancien ministre de la Défense John Healey a adressé un avertissement direct au président Poutine, affirmant que le Royaume-Uni était au courant de ces mouvements et que toute ingérence dans les infrastructures critiques entraînerait de graves répercussions.

Le rôle de la GUGI

Ces opérations sont menées par la Direction générale de la recherche en eaux profondes (GUGI), une unité militaire spécialisée relevant directement du ministère russe de la Défense plutôt que de la Marine. La GUGI utilise une flotte de navires de surface et de submersibles pour le renseignement et la reconnaissance maritimes.

Au-delà de la surveillance, le rapport suggère que ces moyens pourraient être capables de mettre hors service ou de sectionner physiquement des câbles sous-marins.

Incidents en mer Baltique

Des inquiétudes similaires existent de l’autre côté de l’Atlantique et au sein de l’OTAN, où des alertes ont été émises en 2023 et 2024 concernant les efforts de cartographie russes. Entre fin 2025 et début 2026, au moins six cas présumés de perturbation de câbles se sont produits en mer Baltique, certains impliquant le remorquage présumé d’ancres. Les autorités finlandaises ont intercepté des navires liés à ces incidents, notamment un pétrolier en provenance d’un port russe et un cargo battant pavillon de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, ce qui a donné lieu à des poursuites pénales à l’encontre de certains membres d’équipage.

Implication de la Chine

Certaines coupures ont impliqué des navires immatriculés en Chine, bien que les analystes du renseignement suggèrent que des agents russes en aient pu être les véritables instigateurs.

Par exemple, les coupures simultanées de câbles entre la Lituanie, la Suède, l’Allemagne et la Finlande en novembre 2024 ont été qualifiées d’accidents par le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius. De même, la Chine a attribué les dommages subis par le gazoduc Balticconnector en 2023 aux conditions météorologiques, une explication accueillie avec scepticisme par les dirigeants régionaux.

Article 5

Anne Keast-Butler, directrice du GCHQ, a averti en mai 2026 que la Russie intensifiait ses opérations hybrides, ciblant tout, des fonds marins aux réseaux numériques, afin de saper la confiance du public et de perturber les chaînes d’approvisionnement critiques. En réponse, l’OTAN a lancé l’opération « Baltic Sentry » début 2025 afin de renforcer la protection des infrastructures sous-marines.

L’Alliance a précisé que les attaques hybrides pourraient potentiellement déclencher l’application de l’article 5, ces actions étant considérées comme une agression contre l’ensemble des États membres. Alors que la Russie nie ces accusations, le rapport reconnaît que prouver l’attribution définitive de ces actes reste un défi majeur. (fc)

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