Principaux renseignements
- L’Ukraine souhaite disposer de 300 missiles Patriot avant l’hiver afin de sécuriser son espace aérien.
- Des partenariats européens fournissent des radars et des systèmes de défense SAMP/T essentiels.
- Kiev s’efforce de mettre en place une production nationale de missiles intercepteurs afin de garantir son autonomie à long terme.
Le président Volodymyr Zelensky a annoncé le 22 août, lors d’une conférence de presse, que l’Ukraine cherchait à acquérir 300 missiles de défense Patriot afin de renforcer sa défense aérienne avant l’hiver.
Une production mondiale limitée
Bien que l’armée de l’air ukrainienne ait demandé 360 unités, le président a reconnu qu’il s’agissait d’un objectif ambitieux. En effet, la production annuelle mondiale est limitée à environ 600 missiles. Pour pallier cette pénurie, Kiev explore différentes sources et a spécifiquement demandé aux États-Unis de débloquer une petite partie – peut-être 5 à 10 pour cent – de leurs propres réserves.
Zelensky a précisé que l’Ukraine était prête à financer ces achats, afin que les États-Unis puissent reconstituer leurs stocks.
Partenariats européens
Au-delà des systèmes Patriot, l’Ukraine diversifie ses défenses antimissiles grâce à l’initiative FREYJA et au système SAMP/T développé par la France et l’Italie. Lors d’une récente discussion approfondie avec le président Emmanuel Macron, Zelensky a confirmé que de nouveaux radars de défense aérienne français et au moins un système devaient être livrés cet automne.
Cependant, le programme SAMP/T se heurte à des obstacles similaires liés à la chaîne d’approvisionnement, notamment une pénurie de missiles Aster 30. Pour y remédier, l’Ukraine a l’intention de signer de nouveaux contrats en septembre et cherche à conclure des accords de licence avec la France afin de fabriquer trois types d’armement français sur son territoire.
Planification à long terme
Une planification à long terme est également en cours, un accord ayant déjà été conclu avec le chancelier allemand Friedrich Merz pour la fourniture de 600 missiles PAC-2 entre 2027 et 2028. Alors que les États-Unis devraient augmenter leur propre production d’ici fin 2027, l’Ukraine fait pression pour obtenir des livraisons plus immédiates afin de couvrir la période transitoire.
Production nationale
Par ailleurs, le projet antibalistique FREYJA est passé du stade de l’approbation politique de haut niveau à celui de la mise en œuvre technique, impliquant dix pays. Parallèlement à cet effort européen, l’Ukraine collabore avec Raytheon et une entreprise appelée Fire Point afin d’étudier la production nationale d’un intercepteur de fabrication ukrainienne destiné au système Patriot.
À la suite d’une réunion aux États-Unis, des discussions techniques ont débuté, et Kiev attend une réponse définitive concernant le calendrier et la faisabilité du projet dans les semaines à venir. (fc)
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