Les États-Unis prévoient de rembourser 725 millions de dollars de dettes envers l’ONU


Principaux renseignements

  • Le gouvernement du président américain Donald Trump prévoit de consacrer 725 millions de dollars (620,3 millions d’euros) au remboursement de sa dette envers les Nations unies.
  • Washington exige des réformes structurelles et des mesures d’austérité avant de garantir ces fonds.
  • De graves difficultés financières menacent la stabilité de l’ONU et les droits de vote des États-Unis.

Le gouvernement du président américain Donald Trump a informé le Congrès américain de son intention de consacrer 725 millions de dollars (620,3 millions d’euros) au remboursement de sa dette envers les Nations unies. Ce montant représente moins de 20 pour cent des 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros) que les États-Unis doivent à l’ONU. Les analystes considèrent néanmoins ce geste comme une avancée positive vers le règlement des arriérés. Les responsables américains ont toutefois précisé que ce versement n’était pas garanti. Il dépendrait de l’engagement de l’organisation à poursuivre ses réformes structurelles.

Exigences en matière de réformes structurelles

Le gouvernement américain a critiqué à plusieurs reprises l’ONU pour son inefficacité, ce qui a conduit à une stratégie visant à réduire le financement de diverses agences et à se retirer de nombreux organismes internationaux. Des responsables du ministère américain des Affaires étrangères ont souligné que les pressions récentes avaient déjà donné lieu à des résultats historiques, notamment des coupes budgétaires totalisant près d’un milliard de dollars (855,6 millions d’euros). Des rapports antérieurs indiquent que Washington a subordonné le déblocage des fonds à des exigences spécifiques. Il s’agit notamment de la mise en place de nouvelles mesures d’austérité et d’efforts visant à limiter l’influence chinoise au sein de l’organisation.

Urgence devant l’Assemblée générale

Cette notification intervient peu avant le discours que le président Trump doit prononcer devant l’Assemblée générale. Pour l’ONU, ces fonds sont essentiels. Le secrétaire général Antonio Guterres avait précédemment averti que l’organisation était au bord de l’effondrement financier. Les experts estiment que, même si ce versement permettrait d’assurer le fonctionnement de base et de couvrir les salaires pendant une courte période, il ne résoudrait pas entièrement la crise. Sans contributions supplémentaires, les États-Unis risquent de perdre leurs droits de vote à l’Assemblée générale en janvier. Une sanction qui s’applique lorsque les cotisations restent impayées pendant plus de deux ans.

Une crise financière

Sur le plan financier, l’ONU est confrontée à de faibles réserves et dépend des contributions de ses 193 États membres. Si beaucoup ont versé l’intégralité de leur contribution, les États-Unis et la Chine, les deux plus gros contributeurs, ont tous deux pris du retard dans le règlement de leurs comptes. En réponse à cette crise, l’ONU a lancé l’initiative « UN80 » visant à réduire les coûts, qui prévoit notamment le transfert de milliers de membres du personnel depuis des villes onéreuses comme New York et Genève vers des lieux plus abordables, ainsi qu’une réduction de plus de 9 pour cent du budget 2026.

Chiffres contestés concernant la dette

Des divergences persistent quant au montant exact dû. L’ONU estime la dette totale à plus de 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros), répartis entre les opérations de maintien de la paix, le budget ordinaire et les tribunaux. Washington conteste toutefois ce chiffre et a délibérément retenu des millions de dollars de fonds « liés à la politique », en ciblant spécifiquement, en raison de griefs politiques, le Conseil des droits de l’homme et l’agence pour les réfugiés palestiniens. (ev)

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