Principaux renseignements
- Les réserves d’or de la Russie ont atteint leur plus bas niveau depuis six ans, à 2,28 milliers de tonnes.
- Les déficits budgétaires poussent à la liquidation de ces actifs précieux.
- Le gel des fonds à l’étranger oblige l’État à puiser dans ses réserves nationales.
Les réserves d’or de la Russie ont atteint leur plus bas niveau depuis six ans, s’élevant à 2,28 milliers de tonnes (73,2 millions d’onces troy) au 1er août. Selon les données du Moscow Times, le pays a enregistré une baisse de 0,2 million d’onces rien qu’en juillet. Au total, le pays a déjà vendu près de 50 tonnes d’or depuis le début de l’année. Cette baisse signifie que la valeur financière a diminué de 33,7 milliards de dollars en sept mois. Cela marque la fin d’une époque où la Russie était le plus grand acheteur souverain d’or au monde.
Un déclin constant
La baisse de ces réserves suit une tendance à la baisse constante. Jusqu’en 2025, les réserves sont restées stables à 75 millions d’onces troy. Mais à partir de 2026, elles ont commencé à diminuer mois après mois, passant progressivement de 74,8 millions d’onces en janvier à leur niveau le plus bas actuel en août.
Financer le déficit budgétaire
Ce processus de liquidation est principalement motivé par la nécessité de soutenir le ministère russe des Finances et le Fonds souverain. Lorsque les exportations d’énergie ne permettent pas d’atteindre les objectifs budgétaires ou lorsque des ressources sont réaffectées à des investissements internes. La banque centrale met en œuvre des mesures compensatoires en recourant à ses liquidités. Plutôt que de prendre de manière autonome des décisions stratégiques visant à vendre de l’or, l’autorité de régulation sert d’instrument technique permettant de couvrir ces déficits budgétaires.
Le virage stratégique
L’or national est devenu l’instrument privilégié pour ces transferts, car la majeure partie des réserves est stockée localement. L’accès immédiat est ainsi garanti. Cela revêt une importance cruciale, étant donné que près de 256,6 milliards d’euros d’actifs étrangers ont été gelés après l’invasion de l’Ukraine. De plus, selon des experts économiques, le gouvernement serait réticent à puiser dans ses réserves limitées en yuan chinois.
Des niveaux de réduction historiques
L’ampleur de cette diminution est pratiquement sans précédent dans l’histoire récente du pays. Les archives du World Gold Council indiquent que le seul événement similaire s’est produit en 2002, avec une perte de 36,1 tonnes en six mois. Ce chiffre dépasse de loin les modestes 7,6 tonnes vendues pendant la période de pandémie de 2020-2021.
Coût de la guerre
Ces manœuvres financières constituent une réponse à des contraintes budgétaires extrêmes, le budget pour 2026 prévoyant un déficit près de deux fois supérieur à celui de l’année précédente. Les dépenses militaires dépassant désormais officiellement celles consacrées aux prestations sociales, le gouvernement est contraint de puiser dans le Fonds national de bien-être à un rythme sans précédent. Alors que le président russe Vladimir Poutine poursuit sa campagne militaire en Ukraine, l’épuisement des « réserves de guerre » n’a laissé à la banque centrale guère d’autre choix que de vendre de l’or et des yuans pour permettre à l’État de continuer à fonctionner. (ev)
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