La canicule et la sécheresse extrêmes mettent l’agriculture européenne à rude épreuve


Principaux renseignements

  • La canicule et la sécheresse extrêmes ravagent les systèmes alimentaires européens.
  • Les rendements des cultures et la production animale ont chuté sur l’ensemble du continent.
  • Les pouvoirs publics débloquent des fonds d’urgence pour aider les agriculteurs à s’adapter.

Partout en Europe, les producteurs agricoles sont confrontés à une crise d’une ampleur sans précédent, alors que des vagues de chaleur impitoyables et une sécheresse généralisée ravagent les systèmes alimentaires du continent. La combinaison du changement climatique d’origine humaine et d’un puissant phénomène El Niño a fait grimper les températures au-delà de 30 °C et 35 °C, tandis que le manque de pluie et des vents persistants ont entravé la croissance des cultures.

Contrairement aux années habituelles où certaines régions compensaient les pertes d’autres, les conditions météorologiques extrêmes de cette saison ont frappé simultanément tous les principaux pôles de production. C’est ce que rapporte The Guardian.

Rendements des récoltes s’effondrent en France

En France, le secteur maraîcher connaît un effondrement historique. La production de diverses cultures a chuté de manière spectaculaire : celle du brocoli a baissé de 60 pour cent et celle des artichauts affiche des pertes comprises entre 50 pour cent et 100 pour cent. D’autres produits de base comme les petits pois, la laitue et les courgettes ont également connu des baisses spectaculaires.

La production céréalière a subi un sort similaire ; les rendements de maïs devraient chuter de 35 pour cent, atteignant des niveaux jamais vus depuis 1980. Cette pénurie est en partie due à une réorientation vers d’autres cultures, comme le tournesol, mais résulte principalement du stress thermique subi pendant les phases de croissance cruciales.

Le bétail et la volaille sous pression

Les secteurs de l’élevage et de la volaille sont confrontés à des difficultés similaires. La production laitière a diminué de 10 pour cent à 15 pour cent en raison du stress thermique subi par les vaches, et la production d’œufs a chuté d’environ un million d’unités par jour en raison des taux de mortalité élevés chez les volailles.

De plus, le fourrage d’hiver vient à manquer, la production de foin étant actuellement inférieure de 30 pour cent à la moyenne à long terme, ce qui menace la survie du bétail pendant les mois les plus froids.

Crise au cœur de la Méditerranée

L’Europe du Sud est confrontée à une situation tout aussi grave. En Italie, environ 60 pour cent des terres agricoles sont touchées par la sécheresse, la plaine du Pô, cœur de l’industrie rizicole nationale, étant la plus durement touchée par la baisse du niveau des eaux du fleuve.

Pour tenter de sauver la saison, les riziculteurs ne doivent irriguer qu’une semaine sur deux. Les pertes totales en Italie, y compris les dégâts causés par les tempêtes et les incendies de forêt, sont estimées à plus de 3 milliards d’euros. La production laitière y a chuté de 20 pour cent.

Récoltes espagnoles en baisse

L’Espagne connaît également des baisses significatives, notamment au niveau des récoltes de céréales, qui ont chuté de près de 49 pour cent dans la région de Madrid. Si un hiver humide a apporté un peu d’espoir aux oléiculteurs, le secteur viticole se montre pessimiste, prévoyant une baisse de 20 pour cent de la production de raisin pour 2026, car le manque d’eau entraîne une réduction de la taille des fruits.

Intervention des pouvoirs publics

Pour atténuer ces pertes, les gouvernements nationaux interviennent. La France a débloqué une première enveloppe d’urgence de 145 millions d’euros, et d’autres investissements structurels sont prévus dans le budget 2027 afin d’aider le secteur agricole à s’adapter à ces conditions instables. (lv)

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