La Turquie et l’Arabie saoudite vont étendre leur accord sur les énergies renouvelables


Principaux renseignements

  • La Turquie et l’Arabie saoudite vont étendre leur partenariat en matière d’énergies renouvelables à 5 000 mégawatts.
  • La production nationale de gaz et de pétrole met la Turquie sur la voie d’une indépendance énergétique totale.
  • Les corridors stratégiques et les partenariats internationaux réduisent la dépendance vis-à-vis des voies de transit instables.

Ankara et Riyad se préparent à renforcer leur coopération dans le domaine des énergies renouvelables. Selon le ministre turc de l’Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, un nouvel accord portant sur 3 000 mégawatts devrait être signé lors de la conférence des Nations unies sur le climat qui se tiendra à Antalya. Cette extension s’inscrit dans le prolongement d’un accord précédent portant sur 2 000 MW. La capacité totale prévue en énergies renouvelables en Turquie s’élève désormais à 5 000 mégawatts.

Croissance rapide des infrastructures énergétiques

Bayraktar a souligné la période de croissance rapide qu’ont connue les secteurs de l’énergie et des mines du pays au cours du dernier quart de siècle. Il a fait remarquer que, sous la présidence de Recep Tayyip Erdoğan, la capacité électrique installée du pays est passée de 32 000 MW à 126 000 MW. Grâce à cette expansion, la Turquie occupe la troisième place en Europe en termes de production d’électricité, de consommation et de capacité installée, derrière l’Allemagne et la France. Le ministre a également fait état d’une croissance significative des exportations de minerais, de la production de gaz naturel et de la production pétrolière.

Vers l’autonomie énergétique

Atteindre une indépendance énergétique totale est l’un des piliers fondamentaux de la vision stratégique « Le siècle de la Turquie ». Des progrès notables ont été réalisés dans la distribution du gaz naturel, qui s’est étendue de cinq provinces en 2002 à l’ensemble des 81 provinces aujourd’hui. La production nationale de gaz provenant de la mer Noire devrait doubler cette année et quadrupler d’ici 2028. Cela permettrait d’approvisionner en énergie jusqu’à 17 millions de foyers. Par ailleurs, la production pétrolière dans la région de Gabar, au sud-est de la Turquie, a atteint plus de 83 000 barils par jour, ce qui crée des emplois locaux et réduit la dépendance vis-à-vis des importations. Parallèlement, la prospection de pétrole non conventionnel se poursuit à Diyarbakir, où le potentiel de production pourrait être plusieurs fois supérieur à celui de Gabar.

Des corridors énergétiques alternatifs

En ce qui concerne la stabilité géopolitique, M. Bayraktar a laissé entendre que les tensions autour du détroit d’Ormuz pourraient stimuler le développement de corridors énergétiques alternatifs. La Turquie étudie différents itinéraires pour le transport du pétrole et du gaz. Il s’agit notamment du transport du pétrole irakien via le terminal de Ceyhan et de l’acheminement du gaz du Qatar vers les marchés européens via l’Arabie saoudite, la Jordanie, la Syrie ou l’Irak. Des discussions sont également en cours concernant le transport du pétrole koweïtien vers la Turquie.

Pakistan

Outre le Moyen-Orient, la Turquie étend ses efforts d’exploration au Pakistan, où elle vise à la fois les gisements de pétrole et de gaz terrestres et maritimes. Le navire de recherche sismique Oruc Reis devrait être déployé au Pakistan dans les mois à venir. Bayraktar prévoit également de se rendre prochainement dans ce pays pour négocier des partenariats miniers. (ev)

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