Principaux renseignements
- Le marché boursier russe a chuté de 4,29 pour cent en une seule journée, entraînant une perte de valeur de 2,7 milliards d’euros.
- L’agression géopolitique et l’échec des espoirs diplomatiques ont déclenché cette vague de ventes massive.
- Les frappes contre les infrastructures ukrainiennes menacent d’aggraver les déficits budgétaires et d’entraîner de nouvelles baisses du marché.
Le marché boursier russe a connu vendredi un effondrement spectaculaire, enregistrant sa plus forte baisse journalière depuis fin septembre 2022. Selon les données du Moscow Times, l’indice MOEX a chuté de 4,29 pour cent, à 2 136,3 points, ce qui s’est traduit par une perte totale d’environ 250 milliards de roubles (2,6 milliards d’euros) en capitalisation boursière. Cette baisse s’inscrit dans le cadre d’un recul plus général de 8,4 pour cent sur trois jours, qui a effacé la moitié des gains enregistrés au cours des six semaines précédentes.
Les tensions géopolitiques alimentent la volatilité
Cette volatilité financière est attribuée à l’instabilité géopolitique croissante. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a attisé la crise en rejetant la possibilité d’un gel des lignes de front. Il a fait valoir qu’un tel compromis trahirait l’héritage de ceux qui ont vaincu le nazisme. Par ailleurs, Lavrov a mis en garde les alliés occidentaux de l’Ukraine contre la « destruction » et a promis des mesures de représailles plus sévères en cas d’attaques ukrainiennes. Le gouvernement russe a également rejeté les propositions de cessez-le-feu dans la région de la mer Noire.
Des lourdes pertes
Bien que la séance boursière ait débuté par de légères hausses, les cours se sont effondrés dans le courant de l’après-midi de vendredi. Les grandes entreprises ont enregistré des pertes importantes : Rusal a chuté de 6,5 pour cent, Rosneft a reculé de 5,1 pour cent, Lukoil a baissé de 4,8 pour cent et Gazprom a perdu 4,4 pour cent. Parmi les autres baisses notables, on peut citer notamment Magnit, avec 3,2 pour cent, et Sberbank, avec 1,4 pour cent.
Les espoirs d’un dégel diplomatique
Les experts du secteur soulignent que cette volatilité fait suite à une tendance baissière historique de 17 semaines qui s’est manifestée entre la fin du printemps et le début de l’été, soit la baisse la plus longue depuis 1997. Bien qu’il y ait eu une brève période de stabilité en juin, les investisseurs se débarrassent désormais des positions qu’ils avaient conservées dans l’espoir d’un dégel diplomatique entre Washington et Moscou. L’optimisme du marché était principalement lié à une visite annoncée, mais non encore concrétisée, des représentants américains Jared Kushner et Steve Witkoff.
Fragilité économique
Les analystes financiers avertissent que le marché reste vulnérable en raison de la stagnation de la croissance économique et des taux d’intérêt élevés. On craint que les attaques ukrainiennes persistantes contre les infrastructures critiques n’aggravent le déficit budgétaire fédéral. Cela pourrait entraîner le report des baisses de taux d’intérêt et faire chuter l’indice MOEX à son plus bas niveau annuel, à 1 898 points. Cette pression a été encore renforcée par des attaques de drones contre des raffineries à Moscou et à Omsk, qui ont perturbé la production de carburant et gravement affecté la valeur boursière d’entreprises publiques telles que Gazprom Neft.
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