Principaux renseignements
- Le Premier ministre polonais Donald Tusk a ordonné un renforcement de la surveillance afin de lutter contre la recrudescence des actes de violence à l’encontre des Ukrainiens.
- Les services de renseignement russes attisent activement les crimes haineux afin de déstabiliser l’alliance entre la Pologne et l’Ukraine.
- Des griefs historiques profondément enracinés et des campagnes de désinformation menacent la sécurité nationale.
Le Premier ministre polonais Donald Tusk a chargé les services de sécurité et le ministère polonais de l’Intérieur de renforcer leur surveillance face à la montée des hostilités et des agressions physiques à l’encontre des Ukrainiens en Pologne. Les autorités polonaises craignent que ces tensions ne compromettent le partenariat stratégique avec Kiev et ne portent atteinte à la sécurité nationale.
Montée de la violence
Les inquiétudes du gouvernement découlent d’une évolution qui voit l’hostilité anti-ukrainienne passer des plateformes numériques et du débat politique à des actes de violence concrets. Les statistiques reflètent cette tendance. Au cours du premier semestre 2026, les forces de l’ordre ont enregistré 180 infractions motivées par la haine à l’encontre de citoyens ukrainiens. Cela représente une augmentation d’environ 30 pour cent par rapport à l’année précédente.
Menaces pour l’intérêt national
Tusk a affirmé que ceux qui commettent des attaques xénophobes sapent les intérêts nationaux de la Pologne. Ce faisant, ils soutiennent involontairement les objectifs nationalistes et russes. Il a souligné que Moscou recourt à la désinformation stratégique pour saper la coopération entre les deux pays, qui sont des alliés proches en raison du conflit qui perdure en Ukraine.
Opérations des services de renseignement russes
Des responsables des services de renseignement polonais ont confirmé l’existence d’opérations russes visant à attiser les tensions et à manipuler les ressortissants ukrainiens vivant en Pologne. Tomasz Siemoniak, coordinateur des services spéciaux, a fait remarquer en juillet que la Russie avait intensifié sa guerre de l’information afin de maximiser l’instabilité entre Varsovie et Kiev. Dans le cadre d’un incident lié à cette affaire, l’Agence de sécurité intérieure (ABW) a inculpé un adolescent ukrainien pour avoir mené 47 missions pour le compte des services de renseignement russes. Il s’agit notamment de la profanation de monuments dans le but d’attiser un conflit bilatéral.
Griefs historiques
Ce qui aggrave encore les tensions, c’est que les relations diplomatiques ont été mises à rude épreuve cet été en raison de points de vue divergents sur l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) de la Seconde Guerre mondiale. Alors que beaucoup en Ukraine considèrent l’UPA comme des combattants de la liberté contre les troupes soviétiques et nazies, la Pologne se souvient de cette organisation pour les massacres de civils polonais commis dans les régions orientales de Galicie et de Volhynie. (ev)
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