L’ICE souhaite se procurer des gants à décharge électrique : les organisations de défense des droits de l’homme tirent la sonnette d’alarme


Principaux renseignements

  • L’ICE souhaite allouer 20 millions de dollars (17,3 millions d’euros) à l’achat de gants à décharge électrique destinés aux agents.
  • Les organisations de défense des droits de l’homme avertissent que le port de gants augmente le risque de blessures et rend plus difficile la mise en évidence des violences policières.
  • Cette proposition intervient dans un contexte de tensions croissantes, suite à des informations faisant état de décès survenus dans des centres de détention de l’ICE.

Les organisations de défense des droits de l’homme expriment leur profonde inquiétude face à une proposition de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) visant à acquérir des gants à décharge électrique pour son personnel.

Le gant électrique, une nouvelle arme de violence

Selon des documents du Département de la sécurité intérieure (DHS), l’agence a l’intention de consacrer jusqu’à 20 millions de dollars (17,3 millions d’euros) à l’achat d’unités « GLOVE », officiellement appelées « émetteurs à faible tension CTG-5 ».

Ces dispositifs sont conçus pour entraver la capacité d’une personne à réagir et sont classés par le DHS comme des outils de distraction et de désescalade, destinés à être utilisés par les agents des opérations d’exécution et d’éloignement (Enforcement Removal Operations) et des enquêtes de sécurité intérieure (Homeland Security Investigations).

Craintes d’une aggravation des dégâts et d’un affaiblissement de la surveillance

L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) a critiqué cette initiative, arguant que le fait de fournir aux agents un moyen dissimulé d’infliger une douleur intense risque d’accroître le nombre de blessés parmi la population et de nuire à la transparence des autorités.

En réponse, le DHS a affirmé que le personnel de l’ICE suivait une formation continue sur le recours à la force et la résolution des conflits. Un représentant du département a déclaré que toutes les acquisitions technologiques faisaient l’objet d’un examen minutieux afin de s’assurer qu’elles respectaient les normes juridiques et les directives des forces de l’ordre.

Plus de 50 personnes sont décédées en détention à l’ICE

La controverse survient dans un climat de tensions accrues et de manifestations nationales déclenchées par les méthodes de l’agence. Des incidents récents, notamment la mort par balle de deux citoyens américains dans le Minnesota aux mains d’agents de l’ICE, ainsi que des rapports faisant état de mauvaises conditions de détention, ont attisé l’indignation du public. Les données officielles de l’agence indiquent que plus de 50 personnes sont décédées alors qu’elles étaient placées en détention par l’ICE depuis le début de l’administration Trump.

Sécurité nationale contre droits de l’homme

Alors que le président Donald Trump soutient que les mesures d’immigration strictes sont essentielles pour renforcer la sécurité nationale, ses détracteurs affirment le contraire.

Les défenseurs des droits de l’homme affirment que l’approche de l’administration a porté atteinte au respect des garanties procédurales et à la liberté d’expression. En outre, ils avertissent que ces politiques ont favorisé un climat dangereux, en particulier pour les groupes minoritaires qui craignent une recrudescence du profilage racial.

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