Principaux renseignements
- La Commission européenne exige que Meta et TikTok luttent énergiquement contre la désinformation sur l’immigration.
- Des rumeurs inventées de toutes pièces sur les réseaux sociaux ont provoqué un afflux massif de migrants à Ceuta.
- Les responsables de l’UE recherchent de meilleurs outils de suivi pour mettre fin aux campagnes de désinformation coordonnées.
À la suite d’une vague de fausses informations concernant la migration, la Commission européenne a exigé que Meta et TikTok prennent des mesures plus énergiques pour lutter contre la désinformation.
Henna Virkkunen, commissaire chargée de la souveraineté numérique, de la sécurité et de la démocratie, a souligné via X que ces plateformes devaient donner la priorité à la protection de l’environnement numérique en période de crise en améliorant leur surveillance et en collaborant plus étroitement avec des vérificateurs de faits professionnels. De nouvelles délibérations sur cette question sont prévues lundi.
Responsabilité
Cette pression en faveur de la responsabilisation intervient alors que Meta fait face à une vague de critiques pour avoir mis fin, l’année dernière, à ses initiatives indépendantes de vérification des faits aux États-Unis, une décision qui, selon ses détracteurs, a ouvert la voie à la propagation incontrôlée de fausses informations.
Crise à Ceuta
L’urgence actuelle découle des troubles survenus à Ceuta, où des rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux ont exacerbé une crise migratoire. Plus précisément, des affirmations déformées laissaient entendre qu’un arrêt de la Cour suprême espagnole interdisait le renvoi immédiat des migrants arrivant par la mer.
Si la Cour a effectivement imposé certaines limites aux « refoulements », elle n’a pas pour autant interdit toutes les expulsions. Le Premier ministre Pedro Sánchez a souligné que les trafiquants d’êtres humains se sont servis de ces interprétations erronées pour attiser cette vague migratoire. En réponse, l’Espagne a agi rapidement, renvoyant la grande majorité des 72 000 personnes arrivées du Maroc fin juillet.
Répercussions politiques
L’instabilité à Ceuta a déclenché des tensions politiques, les factions de droite invoquant cet événement comme preuve d’une « invasion migratoire ».
De plus, la situation a tendu les relations entre l’Espagne et l’Italie, cette dernière prônant des politiques migratoires plus strictes.
Défense de l’UE et désinformation
Magnus Brunner, responsable des questions migratoires au sein de l’UE, a considéré ces événements comme un test décisif pour les défenses frontalières de l’Union et sa capacité à résister à la désinformation. Il a attribué cet afflux à la conjonction de réseaux criminels de passeurs et de campagnes trompeuses en ligne.
Bien que Brunner ait déclaré qu’il était trop tôt pour déterminer si une entité étrangère, telle que la Russie, avait orchestré cette manipulation, il a souligné la nécessité d’améliorer la capacité de l’UE à suivre les tendances sur les réseaux sociaux, en collaboration avec Europol. À l’appui de ce point de vue, une étude réalisée par Golden Owl a conclu que l’afflux de migrants était probablement le fruit d’une opération soigneusement coordonnée.
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