Les États-Unis prennent la BCE au dépourvu en vendant des euros pour soutenir le yen japonais, selon le FT


Principaux renseignements

  • Les États-Unis ont pris la BCE au dépourvu en vendant des euros pour soutenir le yen japonais.
  • Washington a choisi cette stratégie pour empêcher les rendements des bons du Trésor de s’envoler.
  • La stabilité des marchés nécessite des ajustements coordonnés des taux d’intérêt, au-delà de simples interventions sur les devises.

Selon des informations parues dans le Financial Times, les États-Unis ont pris la Banque centrale européenne (BCE) au dépourvu en procédant à une intervention monétaire de grande envergure pour venir en aide au Japon. Au lieu d’utiliser des dollars, Washington a vendu des euros pour acquérir des yens. Les responsables européens n’en ont été informés qu’après la conclusion de la transaction, le 31 juillet. Ce manque de concertation préalable a donné lieu, le samedi suivant, à un entretien entre le ministre américain des Finances, Scott Bessent, et la présidente de la BCE, Christine Lagarde.

Alliances mises à rude épreuve

Certains hauts responsables de la BCE considèrent cette initiative comme une violation majeure des normes de coopération traditionnelles qui régissent habituellement les institutions monétaires occidentales. En privilégiant l’euro au détriment du dollar, les États-Unis visaient probablement à empêcher une liquidation massive de bons du Trésor, qui aurait entraîné une hausse des taux américains. Afin d’éviter des problèmes similaires à l’avenir, le ministère japonais des Finances a indiqué qu’il recourrait à un mécanisme de la Réserve fédérale permettant aux banques centrales d’obtenir des dollars en utilisant des actifs du Trésor comme garantie, plutôt que de les vendre.

Reprise à court terme

Cette intervention visait à stabiliser le yen après que celui-ci eut atteint son plus bas niveau depuis quatre décennies. Cependant, une grande partie de la reprise initiale de la devise s’était déjà effacée à la fin de la semaine. Cette volatilité a conduit les analystes de marché à penser que de nouvelles mesures pourraient s’avérer nécessaires. Tant Satsuki Katayama, la ministre japonaise des Finances, que Scott Bessent ont déclaré qu’ils étaient prêts à intervenir à nouveau si la situation l’exigeait.

Les futures interventions sur les marchés

Les experts du marché estiment qu’une nouvelle intervention est probable si le taux de change dollar-yen s’approche de 160. Il note toutefois que de telles mesures ne seront véritablement efficaces que si elles s’accompagnent de hausses plus agressives des taux d’intérêt de la Banque du Japon ou d’un virage vers un assouplissement monétaire de la part de la Réserve fédérale américaine. (ev)

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