Principaux renseignements
- Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont atteint leur plus haut niveau depuis trois ans en raison de conditions météorologiques extrêmes et de conflits géopolitiques.
- Les crises environnementales ont détruit des millions de tonnes de céréales et fait grimper les prix du sucre.
- Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement et les bouleversements du marché menacent 50 millions de personnes supplémentaires d’insécurité alimentaire grave.
Les prix internationaux des denrées alimentaires ont atteint leur plus haut niveau depuis plus de trois ans, sous l’effet conjugué de phénomènes météorologiques extrêmes et de l’instabilité géopolitique. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’indice des prix des produits alimentaires de base a grimpé à 131,1 points en juillet, principalement sous l’effet de la hausse des prix des huiles végétales, du sucre et des céréales.
Crises environnementales et pertes agricoles
La productivité agricole a été gravement affectée par les crises environnementales. De violentes vagues de chaleur, aggravées par les émissions de carbone, ont entraîné, dans toute l’Europe, une perte d’environ 9 millions de tonnes de céréales, notamment d’avoine, de maïs, d’orge et de blé. De plus, le phénomène El Niño et la sécheresse persistante en Europe ont suscité des inquiétudes quant à la baisse des rendements sucriers. La FAO a noté que les prix du sucre avaient augmenté de 5,6 pour cent en juillet. Une tendance encore renforcée par la modification de la réglementation au Brésil, qui autorise désormais une plus grande proportion d’éthanol dans les carburants, ce qui a entraîné une hausse de la demande industrielle.
Instabilité géopolitique
Les conflits continuent de perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les hostilités en cours entre la Russie et l’Ukraine ont endommagé des infrastructures d’exportation essentielles et entravé les expéditions en provenance de la mer Noire. Contribuant ainsi à une flambée de 5,8 pour cent des prix du blé. De plus, les tensions impliquant l’Iran ont exercé une pression sur les coûts, car une part importante de l’approvisionnement mondial en engrais transite par le détroit d’Ormuz.
Évolutions du marché
Parmi les autres évolutions du marché, on note notamment une hausse de 2 pour cent des prix des huiles végétales, liée au coût du pétrole brut et à la demande indonésienne en biodiesel. À l’inverse, certains secteurs ont également enregistré des baisses. Les prix des produits laitiers ont légèrement baissé et ceux de la viande, notamment du bœuf, du porc et de la volaille, ont reculé de 2,8 pour cent. Cette baisse est la première de l’année, même si la canicule a ralenti la croissance des porcs, empêchant ainsi une chute plus marquée des prix.
Impact sur le commerce de détail et préoccupations humanitaires
Ces hausses des prix de gros entraînent généralement une augmentation des prix de détail pour les consommateurs. L’impact humanitaire est grave. Le Programme alimentaire mondial avertissant qu’El Niño pourrait plonger 50 millions de personnes supplémentaires dans une situation d’insécurité alimentaire critique d’ici la fin de l’année prochaine. (ev)
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