Principaux renseignements
- Les paiements d’intérêts sur la dette dépassent désormais les dépenses de défense dans la plupart des pays du G7.
- Le niveau élevé de l’endettement rend les économies avancées vulnérables aux fluctuations des rendements obligataires.
- Les prévisions annoncent des charges d’intérêts record pour plusieurs grandes puissances mondiales.
Selon une analyse récente de Scope Ratings, les paiements d’intérêts dépassent désormais les dépenses de défense dans presque tous les pays du G7, le Canada et l’Allemagne faisant figure d’exceptions. L’agence de notation a souligné que le coût croissant du service de la dette nationale rend ces grandes économies avancées plus sensibles aux fluctuations des rendements obligataires.
Fragilité financière
Eiko Sievert, directrice exécutive chez Scope, a noté que, bien que la plupart des gouvernements n’aient pas encore atteint le stade d’une crise critique de refinancement, leurs niveaux d’endettement élevés et leurs déficits primaires importants rendent les finances publiques de plus en plus fragiles face à l’évolution des conditions de marché.
Cette tendance suggère que, tandis que les tensions géopolitiques entraînent un besoin d’augmentation des dépenses militaires, la pression financière liée aux intérêts de la dette continue d’être le facteur dominant pesant sur les budgets nationaux.
Niveaux d’endettement
Le rapport révèle en outre que tous les pays du G7, à l’exception de l’Allemagne, affichent un niveau d’endettement supérieur à 100 pour cent de leur produit intérieur brut. Les disparités en matière de dépenses sont frappantes : alors que les charges d’intérêts de l’Allemagne sont estimées à seulement 35 pour cent de son budget de défense cette année, ces chiffres sont bien plus élevés pour les autres pays. Par exemple, les charges d’intérêts de l’Italie représentent 193 pour cent de ses dépenses de défense, suivies par celles des États-Unis à 121 pour cent, du Royaume-Uni à 105 pour cent et de la France à 103 pour cent.
Des niveaux records en perspective
À l’avenir, Sievert prévoit que les charges d’intérêts, exprimées en pourcentage des recettes totales, atteindront des niveaux records au cours des cinq prochaines années pour la France, le Japon, la Chine et les États-Unis. (fc)
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