Principaux renseignements
- Le nombre insuffisant de vols d’essai accroît le risque de défaillances du système dans le cadre du projet de modernisation du B-52, d’un montant de 21 milliards de dollars (18,2 milliards d’euros).
- La plupart des projets de modernisation sont actuellement confrontés à des dépassements de budget et à des retards.
- Des lacunes en matière d’ingénierie numérique compromettent l’opérabilité de la flotte et sa maintenance à long terme.
Un rapport récent du Government Accountability Office (GAO) révèle que l’armée de l’air américaine se heurte à des obstacles majeurs dans la modernisation de sa flotte de B-52.
Malgré un investissement prévu de 21 milliards de dollars (18,2 milliards d’euros) pour moderniser 76 bombardiers, l’organisme de contrôle avertit que la poursuite de mises à niveau cruciales, notamment le remplacement des moteurs, sans vols d’essai suffisants, pourrait entraîner des défaillances du système.
Défis actuels
Le B-52 Stratofortress est resté en service depuis 1955, dépassant de loin sa durée de vie initiale prévue de 20 ans. L’armée de l’air a l’intention de maintenir en service ces appareils polyvalents, capables de mener des frappes tant nucléaires que conventionnelles, jusqu’en 2050.
Selon le GAO, l’ampleur et la complexité des différents programmes de modernisation posent simultanément d’importants défis techniques et opérationnels. L’intégration de nouveaux systèmes s’avère donc plus difficile que prévu.
Problèmes systémiques liés aux projets de modernisation
Les données montrent que la grande majorité de ces initiatives rencontre des difficultés : dix des treize projets de modernisation sont confrontés à des problèmes liés aux performances, au calendrier ou aux budgets.
Les principales difficultés concernent le remplacement des moteurs, qui constitue la partie la plus coûteuse de la modernisation. En raison d’un nombre insuffisant de vols d’essai avant le lancement de la production, les coûts ont augmenté d’environ 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros). De plus, le calendrier opérationnel a pris plus de 15 mois de retard.
Retard en matière d’ingénierie numérique
Par ailleurs, le GAO a critiqué l’armée de l’air pour ne pas avoir mis en œuvre de manière cohérente les outils d’ingénierie numérique. En ne s’appuyant pas sur des données en temps réel pour la prise de décision, l’armée risque de passer à côté de gains d’efficacité qui pourraient prévenir de futurs problèmes de maintenance et de soutien.
Retards menacent la disponibilité opérationnelle de la flotte
Ces retards sont particulièrement préoccupants compte tenu de l’état actuel de la maintenance des avions. Les programmes de maintenance existants, qui prévoient des réparations en atelier tous les quatre ans, ne tiennent pas compte des contretemps potentiels dans le cadre du Programme de remplacement des moteurs commerciaux (CERP).
Étant donné que l’armée de l’air a déjà du mal à trouver des pièces pour les moteurs existants, de nouveaux retards dans le projet CERP pourraient compromettre la disponibilité opérationnelle globale de la flotte.
Solutions proposées
Afin de limiter les risques, le GAO a formulé six recommandations. Celles-ci comprennent notamment la suspension temporaire de la production dans le cadre du CERP jusqu’à ce qu’une analyse approfondie des risques soit menée à bien, l’amélioration des stratégies de maintenance à long terme et une meilleure utilisation des outils d’ingénierie numérique. (lv)
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