Principaux renseignements
- Des documents divulgués révèlent que le missile RS-28 Sarmat est confronté à des défaillances chroniques en matière de production et de logistique.
- La Russie utilise cette arme comme un outil psychologique d’intimidation plutôt que comme un atout déployable.
- Le chaos financier et les essais ratés sapent les déclarations publiques du Kremlin concernant sa préparation militaire.
Des dossiers internes récemment divulgués par Dallas Analytics révèlent que le RS-28 Sarmat, le principal missile balistique intercontinental russe, a connu des revers constants malgré la confiance affichée publiquement par le Kremlin. Bien que Moscou ait affirmé à plusieurs reprises que cette arme était prête à entrer en service — en citant des dates butoirs fin 2022, septembre 2023 et, plus récemment, mai 2024 —, les documents divulgués suggèrent que ces annonces relèvent davantage de la guerre psychologique que d’une réelle préparation militaire.
Défaillances systémiques
Les documents divulgués mettent en évidence des défaillances systémiques au sein de l’industrie de défense russe. Par exemple, les plans visant à acheminer des pièces de missiles vers la 62e division de missiles dans la région de Krasnoïarsk ont été entravés par un manque de moyens de transport ferroviaire disponibles. Cette défaillance logistique a retardé la livraison de composants essentiels du cône de nez.
De plus, certains équipements ont été expédiés sans la documentation technique indispensable, ce qui indique que les protocoles standard de sécurité et d’approvisionnement ont été contournés dans une tentative désespérée de respecter les échéances politiques.
Problèmes de production
Des irrégularités financières ont également entaché le programme. La correspondance indique que du matériel a été livré avant que les prix n’aient été définitivement fixés. Cette absence d’accord formel a persisté pendant des années ; des documents datant de 2025 montrent que les coûts faisaient encore l’objet de négociations longtemps après l’expédition des équipements.
Cela suggère que le Sarmat n’est pas produit en série, car les coûts élevés et les complexités techniques limitent probablement sa production à un petit nombre d’unités stratégiques.
Effet dissuasif
Les analystes du secteur suggèrent que le Kremlin utilise le Sarmat comme un outil de signalisation nucléaire visant à intimider les nations occidentales et à les dissuader de soutenir l’Ukraine, plutôt que comme une arme à déploiement rapide. Les experts notent que les fabricants russes annoncent souvent de nouvelles capacités sans disposer de la capacité industrielle nécessaire pour les soutenir.
La capacité de la communauté internationale à surveiller ces développements s’est affaiblie depuis que la Russie s’est retirée du traité New START début 2023. Cependant, les renseignements satellitaires continuent de fournir des indices. Malgré le discours officiel faisant état d’un succès, les analystes estiment qu’un essai réalisé en septembre 2024 au cosmodrome de Plesetsk s’est soldé par un échec majeur, comme en témoignent les signatures thermiques et les dégâts constatés sur le site. (fc)
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