Les banques israéliennes se retirent de leurs partenariats palestiniens, au risque d’un effondrement économique


Principaux renseignements

  • Deux grandes banques israéliennes menacent de rompre leurs liens avec des établissements de crédit palestiniens pour des raisons de sécurité.
  • Cette rupture financière risque de faire s’effondrer l’économie palestinienne et de perturber les chaînes d’approvisionnement essentielles.
  • L’incertitude juridique concernant les décharges de responsabilité pousse les banques à privilégier la sécurité de leurs actionnaires au détriment de la stabilité régionale.

L’économie palestinienne est menacée d’un effondrement potentiel alors que deux grandes institutions financières israéliennes, la Bank Hapoalim et l’Israel Discount Bank, s’apprêtent à mettre fin à leurs partenariats avec des prêteurs palestiniens. Selon des responsables gouvernementaux, ces ruptures sont prévues respectivement pour le 1er octobre et le 1er septembre. Les banques ont invoqué des préoccupations liées au blanchiment d’argent et au risque de financement du terrorisme comme principales raisons de cette décision. C’est ce que rapporte Reuters.

Tensions politiques et rupture financière

Cette rupture financière intervient dans le contexte du conflit actuel à Gaza. Elle se produit aussi pendant l’aggravation des tensions entre l’Autorité palestinienne (AP) et le gouvernement israélien de droite. De plus, Bezalel Smotrich, ministre israélien des Finances, a renforcé ces tensions. En effet, il conteste la légitimité de l’AP et bloque une partie importante des recettes fiscales. Israël collecte ces revenus pour le compte de l’Autorité.

Menaces pour la stabilité régionale

Yahya Shunnar, gouverneur de l’Autorité monétaire palestinienne (AMP), a alerté les diplomates sur le fait que la rupture de ces liens mettrait en péril la stabilité régionale. Il a souligné que ces canaux bancaires sont vitaux pour le fonctionnement des services publics, le commerce et la survie quotidienne de millions de personnes. M. Shunnar a fait remarquer qu’environ 90 pour cent du commerce palestinien, y compris les fournitures essentielles telles que les médicaments et le carburant, transite par Israël, et que la perte de ces canaux pourrait démanteler l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. En outre, ces deux banques traitent des transactions annuelles estimées à 51 milliards de shekels (environ 14,6 milliards des euro’s).

Points de vue divergents sur les risques et la sécurité

Le ministère israélien des Finances reconnaît que la perte de ces liens bancaires pourrait déplacer les activités financières. Celles-ci pourraient alors passer vers des systèmes non réglementés basés sur l’argent liquide. Ainsi, les risques de financement du terrorisme pourraient augmenter. Pourtant, le ministère affirme que les activités de l’Autorité palestinienne créent un environnement trop risqué. Selon lui, les banques israéliennes ne peuvent pas y fonctionner. En revanche, Shunnar estime que les règles anti-blanchiment de l’Autorité palestinienne respectent les normes internationales. De plus, il affirme qu’elles les dépassent parfois, selon des évaluations britanniques et américaines. Auparavant, le Trésor américain conseillait à Israël de maintenir ces liens. Ainsi, il voulait éviter une crise humanitaire et économique menaçant la sécurité.

La bataille juridique autour de la responsabilité

Le cœur du problème juridique réside dans un système de dérogation temporaire géré par le ministre des Finances, qui protège les banques israéliennes de toute responsabilité juridique lorsqu’elles traitent des paiements en shekels pour le compte de l’Autorité palestinienne. Comme cette dérogation est renouvelée périodiquement et doit expirer à la fin de l’année, les banques ont exprimé leur frustration face à l’absence d’un cadre juridique permanent. La Discount Bank d’Israël a déclaré qu’elle ne pouvait plus supporter ces dispositions temporaires et qu’elle devait donner la priorité à la sécurité de ses actionnaires et de ses déposants. Alors que la Bank Hapoalim examine toujours la situation, le ministère israélien des Finances affirme qu’il s’efforce de trouver un moyen durable de maintenir ces activités bancaires sans compromettre la sécurité nationale.

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