La Banque mondiale estime à 17,2 milliards d’euros les dégâts causés par les séismes au Venezuela


Principaux renseignements

  • Le Venezuela doit faire face à 19,6 milliards de dollars (environ 17,2 milliards d’euros) de dégâts matériels directs causés par de violents séismes.
  • Des investissements massifs doivent soutenir la reconstruction afin d’éviter une décennie de déclin économique.
  • Donner la priorité au rétablissement des services publics essentiels permet de protéger les groupes marginalisés les plus vulnérables.

Selon un récent rapport GRADE (Global Rapid Damage Estimation) de la Banque mondiale, le Venezuela doit faire face à un processus de relèvement colossal à la suite des séismes les plus violents que la région ait connus depuis des décennies. L’évaluation estime que les dégâts matériels directs s’élèvent à environ 19,6 milliards de dollars (environ 17,2 milliards d’euros).

La répartition des dégâts montre que près de la moitié des dommages ont touché des propriétés résidentielles, tandis que les infrastructures et les bâtiments non résidentiels représentaient respectivement 27 pour cent et 26 pour cent. Sur le plan géographique, l’impact s’est principalement concentré dans le Distrito Capital et l’État de La Guaira, qui ont ensemble subi environ 50 pour cent des pertes totales.

Implications économiques pour la relance

L’analyse économique suggère que la rapidité du processus de reconstruction déterminera la stabilité à long terme du pays.

Si le gouvernement choisit de réaffecter des fonds provenant d’autres projets non essentiels, la relance pourrait s’étendre sur plus d’une décennie, entraînant un déclin économique prolongé. À l’inverse, donner la priorité à des investissements publics et privés ambitieux pourrait atténuer considérablement les difficultés sociales et économiques.

Méthodologie à la base de l’évaluation

Pour parvenir à ces chiffres, la Banque mondiale a utilisé la méthodologie GRADE, qui combine imagerie satellite, télédétection et modèles d’ingénierie. Cette approche a permis d’intégrer la modélisation des risques de catastrophe à diverses sources de données, notamment des rapports gouvernementaux, les réseaux sociaux et des données scientifiques sur les mouvements du sol.

L’étude a bénéficié du soutien financier du GFDRR (Global Facility for Disaster Reduction and Recovery) et du gouvernement japonais.

Lutte contre les inégalités sociales

Un élément essentiel des conclusions souligne la nécessité de s’attaquer à la vulnérabilité des ménages pendant la phase de reconstruction. Les sept États les plus touchés – notamment Miranda, Carabobo et Aragua – abritent environ 40 pour cent de la population et concentrent près de la moitié du parc immobilier et des infrastructures du pays.

Le rapport souligne que les groupes marginalisés, tels que les familles monoparentales ou celles qui s’occupent de personnes âgées et de personnes handicapées, sont touchés de manière disproportionnée. Par conséquent, la Banque mondiale recommande de donner la priorité au rétablissement des services publics essentiels, tels que l’électricité et l’eau. Étant donné que les coupures de service affectent plus durement les populations vulnérables que les seuls dégâts matériels, le fait de ne pas répondre à ces besoins pourrait exacerber les inégalités sociales existantes.

Malgré ces constatations, les efforts de relance restent entravés par des capacités institutionnelles limitées et par l’ampleur même de la population touchée.

(at)

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