La province chinoise du Fujian marque une nouvelle étape dans l’expansion maritime de la Chine ; l’avance américaine est remise en cause


Principaux renseignements

  • Le nouveau porte-avions chinois « Fujian » intègre des catapultes électromagnétiques pour dépasser les limites techniques antérieures.
  • Une capacité industrielle colossale accélère la réalisation de l’objectif de la Chine, qui est d’exploiter jusqu’à 9 porte-avions d’ici 2035.
  • La proximité géographique confère aux flottes chinoises un avantage stratégique sur les forces américaines éloignées.

La Chine est passé de la phase expérimentale de l’aviation navale à une expansion ciblée de ses capacités en haute mer. Avec la mise en service du Fujian, la Chine dispose désormais de son premier porte-avions équipé de catapultes électromagnétiques, ce qui marque un bond technologique significatif par rapport aux modèles à rampe de lancement du Liaoning et du Shandong.

Bien que le navire ait entamé ses premiers entraînements en mer, l’atteinte d’une pleine capacité opérationnelle – y compris la constitution d’une escadre aérienne expérimentée – devrait se poursuivre jusqu’en fin 2026.

Extension de la flotte

Selon les évaluations du Pentagone, la Chine pourrait viser à exploiter un total de 9 porte-avions d’ici 2035. Bien que ce chiffre relève d’une estimation externe plutôt que d’un plan officiel d’acquisition de l’État, il met en évidence un changement potentiel dans la dynamique du pouvoir régional.

Le Fujian devrait embarquer un ensemble sophistiqué de moyens, notamment des chasseurs furtifs J-35, des avions de guerre électronique et des systèmes sans pilote, offrant ainsi des capacités de surveillance et de commandement nettement supérieures à celles des précédents porte-avions chinois.

L’avance américaine sous pression

Les États-Unis disposent actuellement d’une force supérieure composée de 11 porte-avions à propulsion nucléaire, bénéficiant de décennies d’expérience opérationnelle à l’échelle mondiale et d’une logistique de pointe.

Cependant, les États-Unis sont confrontés à un goulot d’étranglement critique au niveau de la production, car ils dépendent exclusivement du chantier naval Newport News Shipbuilding. Les délais de construction des navires de la classe Ford se sont allongés pour dépasser une décennie, créant ainsi un décalage dans les cycles de remplacement. De plus, alors que les États-Unis doivent répartir leur flotte entre leurs engagements mondiaux, la Chine peut concentrer ses forces en pleine expansion dans le Pacifique occidental.

Le moteur industriel de la croissance chinoise 

Les ambitions navales de la Chine sont soutenues par une infrastructure industrielle colossale. Produisant plus de la moitié des navires commerciaux mondiaux en 2024, les chantiers navals chinois tels que Jiangnan constituent un vaste vivier de talents en ingénierie et disposent de chaînes d’approvisionnement qui soutiennent la production militaire.

Bien que la capacité commerciale ne se traduise pas automatiquement par une expertise en matière de porte-avions, l’ampleur de cette base industrielle accélère la capacité de la Chine à mettre en service de nouvelles coques. Il existe même des informations non confirmées et des allusions promotionnelles suggérant une évolution vers la propulsion nucléaire pour les futurs navires.

Implications stratégiques de la proximité

Le danger stratégique pour les États-Unis ne réside pas nécessairement dans une égalité parfaite en termes de qualité des navires, mais plutôt dans la capacité de la Chine à maintenir une présence constante près de ses côtes. Une flotte de 9 porte-avions permettrait à Pékin d’assurer la rotation des navires pendant leur maintenance tout en maintenant plusieurs groupes de frappe actifs près de Taïwan et en mer de Chine méridionale.

Ces navires opèrent en tirant parti de leur proximité, soutenus par des missiles terrestres et une couverture aérienne, tandis que les porte-avions américains doivent parcourir de longues distances et faire face à des menaces à longue portée.

Disponibilité opérationnelle

En fin de compte, l’impact du renforcement des capacités chinoises dépend de sa capacité à développer le facteur humain – des équipages formés et une coordination complexe – plutôt que du simple matériel. Même si Pékin ne parvient pas à atteindre le nombre de 9 porte-avions d’ici 2035, une force de 5 ou 6 unités compliquerait la stratégie navale américaine.

En intégrant ses porte-avions à une flotte croissante de destroyers et de sous-marins, la Chine se positionne pour contester la domination américaine dans son propre arrière-cour, que les navires individuels soient ou non à la hauteur des capacités de la classe Ford.

(at)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus