L’UE inflige une amende de 550 millions d’euros à Alibaba pour des manquements en matière de sécurité sur AliExpress


Principaux renseignements

  • L’UE a infligé une amende de 550 millions d’euros à Alibaba pour avoir vendu des articles interdits via AliExpress.
  • Cette sanction constitue la plus importante mesure coercitive prise au titre de la loi sur les services numériques.
  • Les plateformes non conformes s’exposent à de futures amendes pouvant atteindre 6 pour cent de leur chiffre d’affaires annuel mondial.

L’Union européenne a infligé une amende historique de 550 millions d’euros (629 millions de dollars) à Alibaba Group Holding Ltd. pour la vente d’articles interdits via sa plateforme AliExpress. Il s’agit de la plus importante amende prononcée à ce jour en vertu de la réglementation européenne en matière de modération des contenus.

Selon un communiqué publié lundi par la Commission européenne, l’entreprise de commerce électronique a négligé de contrôler correctement la présence de marchandises contrefaites ou dangereuses et n’a pas sanctionné les contrevenants récidivistes.

Enquête au titre de la loi sur les services numériques

Cette action en justice fait suite à une enquête ouverte en 2024 en vertu de la loi sur les services numériques (DSA). Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission chargée de la technologie, a souligné que la distribution de produits ne respectant pas les normes de sécurité et environnementales constituait un risque pour le public et créait des conditions de concurrence inéquitables pour les entreprises respectueuses de la loi.

Cette mesure s’inscrit dans une tendance plus large de l’UE à appliquer de manière rigoureuse la DSA depuis son entrée en vigueur complète en 2024. Parmi les sanctions précédentes prononcées dans ce cadre, on peut citer une amende de 200 millions d’euros infligée à Temu et une sanction de 120 millions d’euros infligée à X. Bien que la Commission ait reconnu le caractère novateur de la loi lors de la détermination du montant de l’amende, la décision s’est appuyée sur des évaluations des risques menées tout au long des années 2023 et 2024.

AliExpress conteste la décision

En réponse, un représentant d’AliExpress a exprimé son désaccord avec la décision, qualifiant la sanction financière d’excessive et affirmant qu’elle ne tenait pas compte des améliorations proactives apportées par l’entreprise.

La société évalue actuellement ses recours juridiques.

Conformité et obligations futures

En vertu de la DSA, les plateformes numériques desservant plus de 45 millions d’utilisateurs européens sont tenues d’identifier et de réduire les risques systémiques. Tout manquement à cette obligation peut entraîner des amendes pouvant atteindre 6 pour cent du chiffre d’affaires annuel mondial total de l’entreprise. AliExpress doit désormais présenter une stratégie corrective d’ici le 20 octobre, après quoi les autorités de régulation disposeront de 60 jours pour finaliser le calendrier de mise en œuvre.

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