Le Nicaragua met fin aux élections alors que le président Ortega consolide son pouvoir


Principaux renseignements

  • Le président Daniel Ortega a aboli les élections nationales afin de bloquer l’opposition politique.
  • Cette mesure consolide une autocratie familiale dirigée par Ortega et son épouse.
  • La répression systématique menée par l’État continue de porter atteinte aux droits de l’homme et aux normes démocratiques.

Daniel Ortega, dirigeant de longue date du Nicaragua, a déclaré que son pays cesserait d’organiser des élections.

Nouvelle législation

Lors d’une cérémonie commémorant le 47e anniversaire de la révolution sandiniste de 1979, le président âgé de 80 ans a déclaré que cette mesure visait à empêcher les groupes d’opposition de prendre le pouvoir.

Il a l’intention de collaborer avec l’Assemblée nationale, qui lui est fidèle, pour mettre en œuvre une législation créant un « rempart » juridique contre ceux qu’il qualifie de traîtres et de comploteurs putschistes.

Vers une autocratie familiale

Les analystes estiment que cette décision marque le passage définitif à une autocratie familiale totale dirigée par Ortega et son épouse, Rosario Murillo, qui occupe le poste de coprésidente. Tiziano Breda, de l’ONG Armed Conflict Location and Event Data, a fait remarquer que le régime craignait probablement que même une liberté politique minimale ne déclenche une contestation généralisée, laissant entrevoir un déclin potentiel de sa popularité au niveau national.

Plutôt que d’organiser des scrutins frauduleux, le gouvernement a choisi de supprimer purement et simplement toute concurrence électorale.

Dictature?

L’érosion des normes démocratiques se poursuit, le régime ayant déjà emprisonné des rivaux et interdit des partis d’opposition au cours du cycle électoral de 2021. De récentes modifications constitutionnelles ont encore consolidé le pouvoir, en prolongeant le mandat présidentiel à six ans et en rehaussant le statut de Murillo.

Les États-Unis qualifient officiellement le gouvernement actuel de dictature.

Condamnation de l’ingérence internationale

Au-delà de la politique intérieure, Ortega a profité de son discours pour condamner le gouvernement américain, qualifiant notamment d’acte « monstrueux » une opération menée en janvier visant à enlever le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro.

Le président a justifié sa répression en affirmant qu’elle était nécessaire pour défendre l’État contre les responsables des manifestations de 2018. Cependant, des organismes internationaux, dont l’ONU, rapportent que la réponse du gouvernement à ces manifestations s’est accompagnée d’une violence extrême, entraînant plus de 350 morts et le déplacement de près d’un million de citoyens.

Crise des droits de l’homme

La situation des droits de l’homme continue de se détériorer. Des rapports récents du Département d’État américain et d’autres observateurs mettent en lumière le décès du leader autochtone Brooklyn Rivera après des années de détention abusive. Human Rights Watch estime qu’environ 50 prisonniers politiques sont toujours en détention, tandis que l’État a révoqué la nationalité de plus de 500 personnes et démantelé des milliers d’ONG, des dizaines d’universités et de nombreux organes de presse.

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