Voici à quoi pourrait ressembler une guerre entre les États-Unis et la Chine dans la région indo-pacifique


Principaux renseignements

  • La région indo-pacifique est le théâtre le plus probable d’un futur conflit à grande échelle entre les États-Unis et la Chine.
  • La guerre électronique de pointe et les attaques à longue portée remplaceront les combats traditionnels entre navires.
  • C’est la capacité de production industrielle qui déterminera en fin de compte qui sortira vainqueur d’une longue guerre d’usure.

La région indo-pacifique est considérée comme le théâtre le plus probable d’un futur conflit maritime entre les États-Unis et la Chine. Les deux pays élaborent actuellement des stratégies visant à obtenir un avantage tactique, bien qu’une telle confrontation serait catastrophique. Étant donné que ces deux grandes puissances disposent d’arsenaux nucléaires, le risque d’une destruction totale est bien réel.

Même une guerre conventionnelle entraînerait probablement des pertes considérables en raison de l’ampleur des armées en présence. Éviter un conflit reste donc une priorité mondiale. Parmi les facteurs susceptibles de déclencher des hostilités figurent une tentative chinoise de s’emparer de Taïwan ou des différends concernant des revendications territoriales en mer de Chine méridionale.

Nature des batailles navales modernes

Contrairement aux affrontements en surface de la Seconde Guerre mondiale, une guerre navale moderne se caractériserait par une guerre à distance. Les experts s’attendent à un combat marqué par la guerre électronique, les cyberopérations, le recours aux drones, aux satellites et aux frappes de missiles à longue portée. Depuis des années, les stratèges militaires analysent les forces et les faiblesses spécifiques des deux parties afin de se préparer à cet environnement de haute technologie.

Avantages géographiques

La géographie confère à la Chine un avantage stratégique considérable, puisqu’elle mènerait ses opérations à proximité de ses propres côtes. Taïwan se trouve à seulement 160 kilomètres du continent chinois, ce qui permet aux forces armées chinoises de rester proches de leurs bases principales. En revanche, les États-Unis doivent projeter leur puissance depuis des emplacements éloignés tels que le Japon, Guam et Hawaï.

La première phase d’un conflit se concentrerait probablement sur la « première chaîne d’îles » et débuterait par des attaques n’entraînant pas de dommages physiques directs. Des cyberattaques visant les systèmes GPS, les satellites et les réseaux de communication précéderaient probablement d’éventuels combats navals. Parallèlement, les deux pays lanceraient sans doute des frappes de missiles contre des dépôts de carburant, des centres de commandement et des bases aériennes afin d’entraver la capacité de l’adversaire à mobiliser des renforts.

Guerre sous-marine

Pour contrer le vaste système chinois « Anti-Access/Area Denial » (A2/AD) – qui utilise des batteries côtières, des sous-marins et des missiles à longue portée pour tenir les ennemis à distance -, la marine américaine met en œuvre la stratégie des « Distributed Maritime Operations » (DMO). Cette stratégie consiste à décentraliser le commandement et à répartir les navires sur une zone plus vaste afin d’empêcher qu’une seule attaque ne puisse neutraliser l’ensemble d’une unité maritime.

Bien que les porte-avions restent importants, ils opéreraient probablement à une plus grande distance des côtes. Pour leur protection, ils s’appuieraient alors sur des avions à longue portée et des navires d’escorte. De plus, c’est sous l’eau que les États-Unis pourraient trouver leur plus grand avantage, en utilisant leur flotte de sous-marins furtifs de pointe pour la collecte de renseignements et pour perturber les flottes ennemies.

Capacité industrielle

À mesure que le conflit se prolonge, l’accent passerait des victoires tactiques immédiates à l’endurance industrielle. À cet égard, la Chine dispose d’un avantage considérable grâce à son immense secteur de production. Une guerre de longue durée nécessiterait un approvisionnement constant en drones, en missiles et en carburant ; la partie capable de reconstituer ses stocks le plus rapidement prendrait le dessus.

L’issue d’un tel conflit ne dépendrait donc pas seulement des compétences militaires, mais aussi de la capacité à soutenir un effort de guerre industriel à grande échelle. Cette réalité montre clairement que le fait d’éviter totalement la guerre reste, en fin de compte, l’issue la plus souhaitable. (lv)

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