La canicule met à rude épreuve l’approvisionnement en électricité en France


Principaux renseignements

  • Une chaleur extrême a failli entraîner l’arrêt de la centrale à gaz de Martigues, l’eau de refroidissement ayant atteint une température trop élevée.
  • La hausse des températures et la baisse des niveaux d’eau ont mis hors service 14 pour cent du potentiel énergétique total de la France.
  • Des perturbations climatiques sans précédent menacent désormais des réacteurs nucléaires traditionnellement stables.

La canicule qui a récemment frappé le sud de la France a menacé la stabilité opérationnelle d’une centrale à gaz. La température de la mer Méditerranée ayant atteint des niveaux très élevés, l’installation a eu du mal à s’approvisionner en eau de refroidissement en quantité suffisante. Cette situation a mis à rude épreuve un réseau électrique national déjà affaibli par une baisse de la production d’énergie nucléaire. C’est ce que rapporte Reuters.

Crise à la centrale de Martigues

La centrale de Martigues, d’une capacité de 930 mégawatts, a fait l’objet d’une alerte de production de la part du groupe EDF. Il s’agit du premier incident de la saison estivale en cours. Bien qu’EDF ait obtenu une autorisation spéciale pour exploiter la centrale à des températures de l’eau pouvant atteindre 32 degrés Celsius, ce qui dépasse la limite standard de 30 degrés, la centrale a tout de même frôlé l’arrêt.

Pénuries d’énergie nucléaire

La défaillance potentielle de cette centrale au gaz a coïncidé avec d’importantes pertes de production nucléaire. Les températures élevées des cours d’eau avaient déjà mis hors service 4,9 gigawatts de capacité, tandis que 2,5 gigawatts supplémentaires étaient indisponibles en raison de la baisse des niveaux d’eau. Au total, ces arrêts liés au climat représentent environ 14 pour cent du potentiel énergétique total de la France.

Perturbations climatiques sans précédent

Thibault Laconde, de Callendar, une entreprise spécialisée dans la collecte de données climatiques, a fait remarquer que ces perturbations sont sans précédent en termes de timing et d’intensité et qu’elles touchent des réacteurs qui restent généralement stables. Certaines installations, comme le réacteur Bugey 3, devraient redémarrer dès que les températures baisseront. D’autres centrales, comme Golfech 2, resteront à l’arrêt jusqu’à la fin du mois de juillet. Par ailleurs, les faibles niveaux d’eau de la Meuse ont entraîné une perte de puissance de 2,5 gigawatts à la centrale de Chooz, qui fonctionne dans le cadre d’un accord de partage des eaux avec la Belgique.

Sécheresse persiste

Bien que Météo-France prévoie que la vague de chaleur s’atténuera progressivement et se concentrera dans le sud-est d’ici le week-end, les perspectives environnementales restent sombres. Un grave déficit pluviométrique, combiné à une chaleur extrême, a entraîné depuis fin mai une aggravation progressive des conditions de sécheresse. (lv)

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