Principaux renseignements
- Les sous-marins russes restent la menace la plus redoutable pour l’OTAN malgré les défaillances de la flotte de surface.
- La faiblesse des cadences de production oblige Moscou à privilégier la qualité high-tech au détriment de la quantité de sa flotte.
- Les sous-marins russes tombent peu à peu en désuétude et la construction de nouveaux navires avance lentement.
Alors que la marine de surface russe a été considérablement affaiblie, ses capacités sous-marines restent la composante la plus redoutable et la plus respectée de son armée, continuant de constituer une préoccupation majeure pour les stratèges de l’OTAN. Cependant, à l’horizon 2026, cette force sous-marine commence à présenter des vulnérabilités significatives, caractérisées par un parc vieillissant, des cadences de production stagnantes et un nombre décroissant de navires d’attaque.
Contraste saisissant
Le contraste entre les deux branches navales russes est saisissant. La flotte de surface a subi des pertes embarrassantes, notamment le naufrage de son navire amiral de la mer Noire et la dégradation de son unique porte-avions. À l’inverse, la flotte sous-marine reste une menace redoutable.
Les services de renseignement de l’OTAN continuent de considérer les sous-marins de classe Yasen comme exceptionnellement furtifs, et les sous-marins russes patrouillent l’Atlantique Nord et les routes de câbles sous-marins avec une fréquence qui rappelle celle de la Guerre froide. Malgré cela, cette force est confrontée à une dégradation structurelle, comme en témoignent les sous-marins perdus en cale sèche ou devant être remorqués jusqu’à leur base.
Dissuasion nucléaire
La dissuasion stratégique de la Russie reste son pilier le plus solide. La flotte compte désormais huit sous-marins lanceurs de missiles balistiques de classe Boreï et Boreï-A, et d’autres sont en cours de construction. Ces navires, conçus pour les patrouilles dans l’Arctique, emportent des missiles Boulava et garantissent que le volet maritime de la triade nucléaire russe reste intact.
Avec la suspension du traité New START, Moscou n’est soumise à aucune restriction quant à l’expansion de cette capacité spécifique.
Sous-marins d’attaque
La flotte de sous-marins d’attaque est toutefois confrontée à une crise d’effectifs. La Russie prévoit de remplacer tous ses sous-marins d’attaque nucléaires de troisième génération — tels que les classes « Akula » et « Oscar II » — par une flotte rationalisée de 10 à 12 navires des classes « Yasen » et « Yasen-M » au cours de la prochaine décennie. Si le Yasen-M est technologiquement supérieur, grâce notamment aux missiles hypersoniques Zircon, son rythme de production est d’une lenteur alarmante.
Le chantier naval Sevmash produit environ un sous-marin par an, la construction de chaque coque prenant plus de huit ans. En conséquence, la Russie est contrainte de privilégier la qualité au détriment de la quantité, ce qui se traduira par une flotte d’attaque globalement réduite jusqu’en 2035.
Guerre non conventionnelle
Moscou se lance également dans la guerre sous-marine non conventionnelle. Le lancement du Khabarovsk marque le début d’une série de porte-torpilles destinés à la torpille nucléaire Poséidon, conçue pour contourner les défenses antimissiles américaines. Si l’utilité militaire de cette arme « apocalyptique » fait l’objet de débats parmi les experts occidentaux, elle reflète la volonté du Kremlin de disposer d’une capacité de riposte garantie.
De plus, la direction secrète du GUGI exploite des sous-marins de missions spéciales dédiés à la guerre des fonds marins, tels que l’interception de câbles de communication et la gestion de postes d’écoute sous-marins, une capacité qui suscite une vive inquiétude pour la sécurité européenne.
Technologie obsolète
Malgré ces moyens de haute technologie, la réalité opérationnelle est souvent sombre. Les sous-marins de classe Kilo de la flotte de la mer Noire ont subi des pertes lors de frappes ukrainiennes, et l’échec du programme de la classe Lada a laissé la Russie dépendante d’une technologie obsolète datant des années 1980. La vue d’un sous-marin russe remorqué vers son port en 2025 a mis en évidence le fossé entre la propagande de Moscou et son état de préparation navale réel.
En résumé, la force sous-marine russe en 2026 est un paradoxe : elle reste l’outil le plus dangereux de l’arsenal russe, mais elle s’érode lentement. Sa capacité à menacer les ports européens et les infrastructures sous-marines critiques est bien réelle, mais elle est entravée par une base industrielle lente et une flotte héritée défaillante. L’avenir de la puissance navale russe ne sera pas déterminé par les déclarations officielles, mais par la capacité de Sevmash à accélérer la production et par la mise en service réussie de nouvelles plateformes telles que le « Perm » et le « Khabarovsk ». (fc)
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