Principaux renseignements
- La France a intégré des roquettes de 68 mm à guidage laser sur ses avions Rafale afin de neutraliser les drones bon marché.
- Cette innovation met fin au gaspillage économique lié à l’utilisation de missiles coûtant des millions d’euros contre des cibles de faible valeur.
- Les stratégies de défense en plusieurs couches privilégient désormais la capacité de tir et le rapport qualité-prix plutôt que les intercepteurs coûteux.
La France a intégré avec succès des roquettes de 68 mm à guidage laser sur l’avion de chasse Rafale, offrant ainsi une solution économique pour neutraliser des menaces telles que les drones de type Shahed.
Cette initiative, connue sous le nom de programme LADAC, est le fruit d’une collaboration entre la Direction générale de l’armement (DGA), le Centre d’études aérospatiales (CEAM) de la Force aérienne et spatiale française, Thales et Dassault Aviation. Le déploiement sur les appareils de la Force aérienne et spatiale française devrait être achevé d’ici la fin du mois.
Lutter contre les déséquilibres économiques
La mise en œuvre de cette technologie trouve son origine dans un déséquilibre économique critique en matière de défense aérienne. Le général Jérôme Bellanger, chef d’état-major de la Force aérienne et spatiale française, avait précédemment souligné l’absurdité d’utiliser des missiles MICA, pouvant coûter plus d’un million d’euros, pour détruire des drones ne valant que quelques milliers de dollars.
Le besoin urgent de cette capacité est apparu clairement lors de l’opération « Epic Fury » aux Émirats arabes unis, où des Rafale ont épuisé des dizaines de missiles coûteux en peu de temps pour se défendre contre les incursions de drones iraniens.
Roquette Aculeus-LG
La configuration technique utilise des nacelles Thales Telson JF12, contenant chacune 12 roquettes. Plus précisément, c’est la roquette Aculeus-LG qui est utilisée, avec une portée d’environ 6 kilomètres. Pour assurer le fonctionnement du système, le radar RBE2 du Rafale a été modifié, et le pod Talios est utilisé pour le ciblage et le suivi laser.
Bien que des discussions aient eu lieu concernant la modification des canons de 30 mm de l’appareil à des fins de lutte contre les drones, cette option reste incertaine en raison des dangers inhérents au vol à travers des débris et du risque de dommages collatéraux au sol.
Une évolution mondiale vers une défense en plusieurs couches
L’initiative française s’inscrit dans une évolution mondiale vers une interception en plusieurs couches et rentable. Les États-Unis ont été les pionniers de cette approche en autorisant l’utilisation de la roquette APKWS de 70 mm sur les F-15, les F-16 et les A-10. Ces armes ont déjà été utilisées au combat contre les militants houthis et lors de la défense d’Israël, résolvant ainsi le problème de la « capacité de charge » en permettant aux pilotes de transporter plusieurs roquettes dans un seul pod plutôt qu’un seul missile coûteux. De même, la Royal Air Force britannique a intégré l’APKWS à sa flotte d’Eurofighter Typhoon pour faire face aux menaces émergentes au Moyen-Orient.
Perspectives d’avenir et exportations stratégiques
Au-delà de l’armée française, cette capacité devrait être proposée aux clients internationaux du Rafale, notamment au Moyen-Orient, comme le Qatar et les Émirats arabes unis. Il est également possible que ces roquettes soient adaptées au Mirage 2000, ce qui serait particulièrement pertinent pour l’Ukraine, compte tenu de l’utilisation actuelle des APKWS sur ses F-16.
Alors que la guerre moderne implique de plus en plus des salves massives de drones et de missiles de croisière à faible coût, l’adoption de roquettes à guidage de précision abordables devient une nécessité pour les avions de combat. (fc)
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