Principaux renseignements
- Les faibles niveaux d’eau du Rhin entravent la navigation, qui revêt une importance cruciale pour l’Allemagne, et font grimper les coûts de transport.
- Les géants industriels sont confrontés à une réduction des capacités de transport fluvial et à la fragilité des chaînes d’approvisionnement.
- De graves sécheresses menacent la reprise économique de l’Allemagne et alimentent les pressions inflationnistes.
Une grave sécheresse menace la production industrielle allemande, car la baisse du niveau des eaux du Rhin entrave les voies de navigation essentielles. Selon Fabian Spiess, du BDB, la principale organisation professionnelle de la navigation intérieure, la faible profondeur des eaux oblige les navires à transporter des chargements plus légers, ce qui entraîne une hausse des frais de transport.
Cette crise logistique affecte directement de grandes entreprises telles que BASF et Thyssenkrupp, qui dépendent toutes deux des barges pour acheminer des matières premières essentielles comme les produits chimiques, le pétrole brut et le charbon.
Répercussions sur les entreprises
L’impact opérationnel est déjà manifeste. Thyssenkrupp a été contrainte d’abandonner son système interne de pousseurs sur son site de Duisbourg au profit de navires externes capables de naviguer dans des eaux peu profondes. De même, BASF a dû déployer une flotte plus importante de navires pour compenser la capacité réduite de chaque navire.
Martin Ademmer, de Bloomberg Economics, a fait remarquer que, même si les entreprises sont peut-être plus résilientes que les années précédentes, une nouvelle période de sécheresse prolongée pourrait étouffer la fragile reprise du secteur manufacturier qui a suivi la précédente crise énergétique.
Contres-courants économiques
La reprise économique générale de l’Allemagne, que le gouvernement a cherché à stimuler par des investissements dans les infrastructures et les dépenses de défense, est déjà confrontée à d’importants contre-courants. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont déjà conduit Berlin à revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026, à 0,5 pour cent.
Les données historiques de l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale soulignent la gravité du risque, en rappelant qu’une sécheresse similaire en 2018 avait réduit la production nationale d’environ 0,4 pour cent.
Problèmes dans la chaîne d’approvisionnement
Les défis actuels sont exacerbés par un manque d’options de transport alternatives. Marc Schattenberg, économiste à la Deutsche Bank AG, a souligné que les axes ferroviaires de fret essentiels longeant la rive droite du fleuve sont actuellement fermés pour cause d’entretien.
Il a averti que les goulets d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement, survenant dans un contexte d’instabilité géopolitique, pourraient entraver les récents signes de stabilisation de l’industrie manufacturière, bien que l’impact exact sur le PIB reste difficile à quantifier tant que la crise ne s’aggrave pas.
Pressions inflationnistes
Des inquiétudes existent également quant à l’impact inflationniste de ces perturbations. Isabel Schnabel, de la Banque centrale européenne, a souligné que l’état du Rhin pouvait constituer un facteur potentiel de hausse soutenue des prix. Si l’analyste Daniel Hartmann, de Bantleon AG, estime que le niveau du fleuve à lui seul ne ferait augmenter l’inflation que de 0,2 point de pourcentage, il a toutefois averti que l’effet combiné de la sécheresse — notamment la hausse des coûts alimentaires — pourrait créer un fardeau économique plus important. (fc)
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