Principaux renseignements
- Le gouvernement fédéral a réduit le financement de 300 places d’accueil pour demandeurs d’asile dans les centres d’hébergement pour sans-abri de Bruxelles.
- Cette décision entraîne la fermeture du centre Amran et la suppression de 21 postes.
- Les responsables locaux préviennent que la réduction de la capacité d’accueil entraînera une hausse des coûts des soins médicaux d’urgence.
Les tensions se sont intensifiées entre le gouvernement fédéral et les autorités bruxelloises à la suite d’une décision visant à réduire le financement destiné aux demandeurs d’asile hébergés dans les centres d’accueil pour sans-abri. La ministre fédérale Anneleen Van Bossuyt (N-VA) a souligné, lors d’une intervention publique à l’hôtel de ville de Bruxelles, que son rôle de ministre de l’Asile et de la Migration n’englobait pas la gestion des services d’aide aux sans-abri.
Conflit sur le financement
Le conflit porte sur un accord conclu en 2022, lors d’une flambée des demandes d’asile qui avait conduit de nombreux demandeurs à vivre dans des tentes dans la rue. Pour faire face à cette crise, le gouvernement fédéral avait accepté de financer 2 000 places au sein des structures d’accueil des sans-abri de Bruxelles, un engagement représentant un coût annuel de 42 millions d’euros. Cependant, le 30 juin, les autorités fédérales ont décidé de supprimer le financement de 300 de ces places.
Conséquences pour les résidents et le personnel
Ce changement de politique entraînera la fermeture du centre Amran, un établissement dédié aux mineurs non accompagnés, à compter du 1er août. Ahmed Laaouej (PS), ministre bruxellois des Affaires sociales, a condamné cette décision, soulignant qu’elle entraînerait la perte d’emploi de 21 membres du personnel.
Il a qualifié le préavis de trois semaines de mesure brutale et irrespectueuse tant envers les employés que les résidents, affirmant qu’elle violait les termes de l’« accord de Bruxelles ». Laaouej a en outre averti que cette réduction entraînerait une surcharge des services d’urgence et des centres d’accueil pour sans-abri, déjà débordés.
Frictions politiques
À l’inverse, le ministre Van Bossuyt fait valoir que, la demande de logements pour demandeurs d’asile ayant baissé et les occupants actuels n’étant plus principalement des demandeurs d’asile, la réduction du financement est une mesure logique.
S’ajoutant aux critiques, le ministre des Finances de Bruxelles, Dirk De Smedt (Anders), a qualifié la stratégie fédérale de manque de vision à long terme. Il a souligné que l’absence de logements adaptés alourdit généralement la charge pesant sur les services médicaux d’urgence, ce qui, en fin de compte, entraîne des coûts plus élevés pour le budget fédéral.
Ce différend reflète également des divisions politiques plus profondes. Alors que Laaouej et De Smedt collaborent au sein du gouvernement régional bruxellois, leurs partis respectifs font partie de l’opposition fédérale au gouvernement De Wever. Il convient de noter que la N-VA est le seul parti au pouvoir au niveau fédéral qui ne dispose pas de siège au sein du gouvernement bruxellois. (fc)
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