La banque centrale turque revoit à la hausse ses prévisions d’inflation en raison du conflit avec l’Iran


Principaux renseignements

  • Selon la banque centrale turque, les conflits géopolitiques ont compliqué la lutte contre l’inflation en raison de perturbations de l’offre et d’une hausse des coûts énergétiques.
  • La politique monétaire restrictive se poursuit jusqu’à ce que la banque parvienne à une stabilité totale des prix.
  • La Turquie a revu à la hausse ses prévisions d’inflation pour 2026, les portant à 24 pour cent, en raison des pressions inflationnistes liées à la guerre.

La Banque centrale de la République de Turquie (CBRT) a indiqué vendredi que le conflit impliquant l’Iran avait ralenti les progrès réalisés dans la lutte contre l’inflation en Turquie.

Bien que la politique monétaire restrictive ait entraîné un ralentissement persistant de l’activité économique, la banque a souligné que les perturbations des chaînes d’approvisionnement liées à la guerre en avril et mai avaient provoqué un pic temporaire de l’inflation globale. En juin, la tendance à la baisse s’est toutefois poursuivie. L’inflation annuelle est passée de 32,6 pour cent en mai à 32,1 pour cent.

Stratégie monétaire

Lors d’une réunion à Istanbul, le gouverneur Fatih Karahan a souligné que la récente hausse de l’inflation sous-jacente comportait principalement des risques à court terme. Il a indiqué que le recul de l’inflation dans le secteur des services était soutenu par une baisse de la rigidité des prix, notamment dans les domaines de l’éducation et des loyers. Par ailleurs, il s’attend à ce que la récente hausse de l’inflation sous-jacente des biens finisse par s’atténuer.

Karahan a souligné qu’une politique monétaire restrictive restera en vigueur jusqu’à ce que la stabilité des prix soit pleinement atteinte. À cet égard, la banque centrale continuera à s’appuyer sur les taux de change, l’évolution de la demande et les anticipations d’inflation pour soutenir le processus de désinflation.

Prévisions révisées

En réaction à l’instabilité géopolitique, la CBRT a suspendu son cycle d’assouplissement à la fin de l’année 2024 et a maintenu inchangé son taux de pension à une semaine lors de trois réunions consécutives. La banque a également mis en œuvre des mesures de liquidité, ce qui a fait grimper le taux des dépôts au jour le jour en lire jusqu’à un maximum de 40 pour cent.

Dans son rapport trimestriel publié mi-mai, la banque a ensuite revu à la hausse ses prévisions d’inflation pour 2026, les faisant passer de 16 pour cent à 24 pour cent, en raison des pressions considérables à court terme résultant de la guerre. À plus long terme, la CBRT prévoit que l’inflation redescendra à 15 pour cent d’ici fin 2027, puis continuera de baisser pour atteindre 9 pour cent d’ici fin 2028.

La banque centrale continue de se concentrer sur la lutte contre l’inflation

Concernant la stratégie future, Karahan a déclaré que le taux directeur serait ajusté en fonction des tendances réelles et prévues de l’inflation afin de garantir le resserrement nécessaire pour atteindre les objectifs intermédiaires.

Il a averti qu’un nouveau resserrement pourrait intervenir si les perspectives d’inflation s’écartaient de manière significative de ces objectifs. Sur une note positive, le gouverneur a fait état d’une amélioration des anticipations au sein du secteur réel et des ménages, soulignant que la confiance dans la livre turque restait forte et que la demande de devises étrangères était faible.

Les réserves financières restent solides

La situation financière de la banque reste solide, les réserves internationales brutes ayant progressé de 10,49 milliards de dollars pour atteindre 159,69 milliards de dollars début juillet. Cette croissance comprend une augmentation de 7,70 milliards de dollars des réserves de change et une hausse de 2,79 milliards de dollars des avoirs en or.

Enfin, Karahan a souligné que les indicateurs économiques, tels que le taux d’utilisation des capacités et la croissance du crédit, laissent entrevoir un ralentissement plus généralisé. Il a ajouté que le déficit commercial s’était réduit au cours du deuxième trimestre et que la balance des paiements restait stable, le secteur du tourisme n’ayant globalement pas été affecté par le conflit.

(at)

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