Principaux renseignements
- Les livraisons de Porsche ont chuté de 16 pour cent à l’échelle mondiale en raison de la faiblesse de la demande chinoise et de la suppression des crédits d’impôt aux États-Unis.
- Le PDG Michael Leiters réduit les coûts et cède des actifs pour rétablir la rentabilité.
- Les constructeurs automobiles de luxe allemands sont confrontés à une crise systémique alors que leurs concurrents chinois dans le secteur des véhicules électriques grignotent leurs parts de marché.
Porsche a connu sa plus forte baisse de ventes depuis six ans, avec des livraisons en recul de 16 pour cent au cours des six premiers mois de l’année. Entre janvier et juin, l’entreprise a livré 122 306 véhicules, soit son volume le plus bas depuis 2020. Ce ralentissement s’est fait sentir à l’échelle mondiale, en particulier en Amérique du Nord, où les ventes ont chuté de 13 pour cent, et en Chine, qui a enregistré une forte baisse de 32 pour cent.
Forte baisse des ventes en Chine
Le constructeur a attribué ce recul à plusieurs facteurs : l’arrêt de la production de la 718 à moteur thermique, une forte hausse antérieure de la demande pour le Macan électrique et la suppression des crédits d’impôt américains pour les voitures hybrides et électriques.
La situation est particulièrement critique en Chine, où un marché immobilier en difficulté et une concurrence féroce de la part des marques nationales sapent l’attrait des produits de luxe importés. Pour y remédier, Porsche peaufine ses logiciels adaptés au marché local et réduit son réseau de concessionnaires, même si le constructeur s’attend à ce que les ventes en Chine continuent de baisser jusqu’en 2026.
Le nouveau PDG doit ramener Porsche à la rentabilité
Sous la direction du PDG Michael Leiters, arrivé en janvier en provenance de Ferrari, l’entreprise tente de renouer avec la rentabilité. La marque est actuellement confrontée aux lacunes de sa stratégie en matière de véhicules électriques et au fardeau financier des droits de douane américains à l’importation, car elle ne dispose pas d’usines de production sur le sol américain.
Dans le but de rationaliser ses activités, Leiters a déjà accepté de céder la participation de Porsche dans la coentreprise Bugatti, et d’autres ventes d’actifs pourraient être envisagées.
Une crise sectorielle plus large
Les difficultés de Porsche reflètent une crise plus large qui touche les constructeurs automobiles de luxe allemands. Mercedes-Benz et BMW ont tous deux signalé des baisses significatives de leurs livraisons et un recul de leurs marges bénéficiaires, principalement en raison de la montée en puissance des géants chinois des véhicules électriques tels que BYD.
Cette évolution est particulièrement préjudiciable, car la Chine était auparavant le principal moteur de croissance et de rentabilité de ces entreprises.
Supprimer 3 900 emplois d’ici 2029
Ce recul met davantage sous pression Oliver Blume, PDG du groupe Volkswagen, car Porsche a toujours généré les marges élevées nécessaires pour soutenir les marques plus abordables de VW. En réponse à ce ralentissement, Leiters a indiqué que de nouvelles mesures de réduction des coûts étaient en cours de finalisation.
Ces efforts viendront compléter un plan existant visant à supprimer environ 3 900 emplois d’ici 2029. Des détails plus complets concernant la « Stratégie 2035 » de l’entreprise devraient être dévoilés lors d’une journée des marchés financiers cet automne.
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(ns)

