Principaux renseignements
- La Belgique doit trouver 7,7 milliards d’euros d’ici 2029 pour respecter les limites de dépenses fixées par l’UE.
- Les déficits prévus pourraient grimper jusqu’à 44 milliards d’euros d’ici 2031 en raison de la hausse des taux d’intérêt et de l’instabilité géopolitique.
- La date butoir initiale du 21 juillet n’étant pas tenable, l’objectif visé est désormais le mois d’octobre.
La Belgique est actuellement confrontée à une grave crise financière, les dirigeants politiques peinant à s’entendre sur la manière de résorber un déficit colossal alors que les limites de dépenses fixées par l’Union européenne approchent. Un rapport récent du Comité de suivi, composé de hauts fonctionnaires, révèle que le gouvernement fédéral doit trouver 7,7 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2029 pour satisfaire aux exigences de l’UE. Le FMI évoque même le chiffre de 10 milliards d’euros.
Des perspectives économiques sombres
Les perspectives financières sont sombres, les projections indiquant que le déficit budgétaire atteindra 25,68 milliards d’euros — soit environ 3,9 pour cent du PIB — d’ici fin 2026. Cette trajectoire devrait s’aggraver, avec un déficit pouvant atteindre près de 40 milliards d’euros d’ici 2029 et grimper à 44 milliards d’euros, soit 5,7 pour cent du PIB, d’ici 2031.
Ces chiffres actualisés sont nettement plus pessimistes que ceux publiés en mars, en partie parce que l’analyse précédente ne tenait pas compte des répercussions économiques des conflits au Moyen-Orient. La commission note que cette détérioration est due à un déficit primaire croissant, combiné à une forte hausse des paiements d’intérêts.
Réactions politiques
Paul Magnette, président du PS, a vivement critiqué la situation, qualifiant le budget de « gigantesque trou noir » reposant sur des hypothèses irréalistes et des plans d’économies qui ont échoué. Il affirme que l’insistance du Premier ministre Bart De Wever sur l’austérité nuit à l’économie nationale, porte préjudice aux retraités et érode le pouvoir d’achat.
Même la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) a averti que certaines des coupes proposées pourraient nuire à la compétitivité internationale de la Belgique.
Date limite en octobre
À l’inverse, le Premier ministre De Wever soutient qu’il n’y a pas d’autre choix que de prendre des mesures drastiques. Il affirme que le gouvernement s’était déjà préparé à un tel scénario catastrophe compte tenu du climat géopolitique mondial instable et que les responsables doivent désormais assumer leurs responsabilités.
Malgré l’urgence, les travaux législatifs sont au point mort. Les discussions budgétaires se sont enlisées dans des questions sociales sans rapport avec le sujet et controversées, notamment la réglementation de l’euthanasie, les lois sur l’avortement, la reconnaissance de la Palestine et le droit du travail. À l’approche de la pause estivale, qui débute le 21 juillet, les partis au pouvoir semblent réticents à faire les concessions importantes nécessaires à la conclusion d’un accord. Alors que le gouvernement s’est fixé comme objectif interne la date du 21 juillet, la date limite officielle pour présenter le budget de l’année prochaine est le 15 octobre. Pour l’instant, De Wever mène des réunions bilatérales limitées, sans signe immédiat d’un accord global. (fc)
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