La chaîne de magasins britannique Tesco envisage de céder des actifs en Europe centrale et orientale


Principaux renseignements

  • Tesco pourrait céder ses actifs de distribution en Europe centrale et orientale.
  • Des difficultés financières et une concurrence acharnée ont motivé ce retrait stratégique.
  • Le réinvestissement de ces fonds renforcera la position dominante de Tesco au Royaume-Uni.

Tesco envisage actuellement de céder ses actifs de distribution en Europe centrale et orientale, ce qui pourrait marquer la fin de ses trente années d’expansion mondiale. Selon des sources du Financial Times, l’entreprise serait en pourparlers avec des conseillers financiers au sujet de l’avenir de ses activités en Slovaquie, en Hongrie et en République tchèque, où elle emploie plus de 22 000 personnes.

Une histoire de retrait international

Cette cession potentielle marquerait la dernière étape du retrait de Tesco des marchés étrangers. Après une grave crise comptable en 2014, l’entreprise a commencé à se défaire systématiquement de ses participations internationales. Parmi les sorties notables, on peut citer la vente en 2015 de Homeplus en Corée du Sud pour 4,2 milliards de livres sterling (5 milliards d’euros) et la cession en 2020 de ses activités en Malaisie et en Thaïlande pour 8 milliards de livres sterling (9,4 milliards d’euros).

Ces mesures faisaient suite à un échec coûteux aux États-Unis, où la chaîne Fresh & Easy avait été fermée en 2013, enregistrant une perte de plus d’un milliard de livres sterling (1,2 milliard d’euros).

Difficultés régionales

La décision de se retirer d’Europe fait suite à des difficultés importantes rencontrées dans la région. Malgré un chiffre d’affaires de 4,5 milliards de livres sterling (5,2 milliards d’euros) réalisé l’année dernière par ses 561 magasins, cette division n’a contribué qu’à hauteur de 115 millions de livres sterling (135 millions d’euros) au résultat d’exploitation ajusté total de l’entreprise, qui s’élevait à 3,2 milliards de livres sterling (3,7 milliards d’euros).

L’entreprise a dû faire face à la montée en puissance de concurrents à bas prix tels que Lidl et Aldi, ainsi qu’à l’évolution des préférences des consommateurs, qui se détournent des grands centres commerciaux de banlieue. Récemment, l’entreprise a également été confrontée à des obstacles réglementaires et à une dépréciation de 75 millions de livres sterling (87 millions d’euros) de ses actifs immobiliers.

Retour au marché britannique

Une telle décision marque un changement de stratégie d’entreprise. Alors que le PDG Ken Murphy décrivait auparavant la branche européenne comme un élément prospère et essentiel de l’organisation en 2023, le contexte actuel suggère un recentrage sur le marché national.

En vendant ces actifs, Tesco pourrait renforcer sa capacité financière à baisser ses prix et à ouvrir de nouveaux points de vente au Royaume-Uni, s’assurant ainsi de conserver une longueur d’avance sur ses concurrents tels que Morrisons et Asda, ainsi que sur le secteur en pleine croissance des magasins discount.

Croissance future

Sous la direction de Murphy depuis 2020, Tesco a connu une reprise financière significative, sa capitalisation boursière grimpant à 29,6 milliards de livres sterling (3,4 milliards d’euros). Le distributeur a retrouvé sa position dominante au Royaume-Uni en tirant parti de son programme de fidélité Clubcard pour collecter des données sur les consommateurs et mettre en place une politique de prix compétitive.

Après avoir déjà reversé 700 millions de livres sterling (820 millions d’euros) à ses investisseurs suite à la cession de sa branche bancaire à Barclays, l’entreprise se concentre désormais sur les avancées technologiques et de nouveaux rachats d’actions afin d’accroître la valeur pour ses actionnaires.

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(ns)

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