Principaux renseignements
- Les conflits au Moyen-Orient devraient entraîner une baisse de 0,5 pour cent de la consommation mondiale de gaz.
- Les risques liés à l’approvisionnement dans le détroit d’Ormuz pourraient entraîner, pour la première fois depuis 2012, un recul du marché du GNL.
- Les pénuries d’engrais mettent en péril la sécurité alimentaire internationale.
Selon la dernière analyse trimestrielle de l’AIE, le marché international du gaz naturel est profondément bouleversé par les conflits en cours au Moyen-Orient. La combinaison d’une disponibilité restreinte et d’une flambée des coûts devrait entraîner une baisse de 0,5 pour cent de la consommation mondiale cette année.
Ce recul prévu, principalement dû à une baisse de la consommation dans les secteurs de l’industrie et de la production d’électricité, représenterait la troisième baisse annuelle de la demande observée sur une période de sept ans.
Instabilité dans le détroit d’Ormuz
Le rapport met particulièrement l’accent sur l’instabilité qui règne autour du détroit d’Ormuz, par lequel transitait auparavant environ un cinquième des expéditions mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL). Bien qu’un accord provisoire conclu mi-juin entre l’Iran et les États-Unis ait contribué à accroître le trafic maritime, les volumes n’ont pas encore retrouvé leurs niveaux d’avant la guerre.
Si les coûts sur les marchés européens et asiatiques ont légèrement baissé par rapport à leurs pics de mars, ils restent nettement supérieurs aux références de 2025.
Baisse de la demande mondiale
Les premières statistiques pour le premier semestre 2026 indiquent une baisse de la demande mondiale par rapport à l’année précédente. Cette tendance est largement attribuée aux pénuries d’approvisionnement et aux dommages subis par l’industrie au Moyen-Orient, ainsi qu’à la mise en œuvre, par les marchés asiatiques, de politiques de réduction de la demande et à leur retour au charbon pour la production d’électricité en raison des prix élevés du gaz.
Impact sur les producteurs
L’impact sur certains producteurs a été sévère ; la production de GNL des Émirats arabes unis et du Qatar a chuté de près de 80 pour cent entre mars et juin par rapport à l’année précédente.
Alors que de nouveaux projets en Australie, en Afrique et en Amérique du Nord devraient permettre de maintenir l’offre totale de 2026 à un niveau stable par rapport à 2025, un retard prolongé dans la réouverture complète du détroit d’Ormuz pourrait entraîner la première contraction de l’offre mondiale de GNL depuis 2012.
Dégâts à long terme sur les infrastructures
De plus, les répercussions du conflit devraient perdurer jusqu’en 2027. Alors que le marché commençait à se stabiliser fin 2025, les dégâts subis par des infrastructures critiques – telles que le site de Ras Laffan au Qatar – risquent d’entraver les extensions de capacité prévues. Cela laisse penser que les marchés mondiaux resteront plus tendus que ne le laissaient présager les prévisions antérieures au cours des deux prochaines années.
Sécurité alimentaire internationale
Au-delà du secteur énergétique, ces perturbations du marché entraînent des répercussions sur l’ensemble de l’économie mondiale. Le rapport met l’accent sur une pénurie critique dans la production d’engrais, le gaz naturel étant un composant essentiel. Cette pénurie constitue une menace directe pour la sécurité alimentaire internationale, en particulier dans les régions les plus démunies du monde.
(at)
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