Principaux renseignements
- La transition de la Chine vers les énergies vertes fait chuter la demande de pétrole iranien.
- L’augmentation de la production mondiale sature le marché du brut.
- L’Iran menace de perturber la logistique maritime via un système de péage à plusieurs niveaux.
Malgré la levée potentielle des interdictions d’exportation, les experts estiment que l’Iran aura du mal à écouler ses réserves de pétrole en raison de l’évolution des politiques énergétiques de son principal acheteur et de l’augmentation de l’offre mondiale. C’est ce qu’écrit CNBC.
Baisse de la demande chinoise de pétrole
La Chine, traditionnellement le plus grand consommateur de brut iranien, se montre de moins en moins intéressée par l’achat de pétrole, quelle qu’en soit la provenance. Les données de Wind Information indiquent une baisse significative des importations chinoises, qui sont tombées à 7,82 millions de barils par jour en mai – leur plus bas niveau depuis début 2018.
Plus précisément, Bloomberg a noté que les achats chinois de pétrole iranien avaient chuté de plus de moitié en juin par rapport au mois précédent. Cette tendance s’explique par un virage stratégique vers les énergies durables. L’Institut pour la sécurité et la politique de développement indique que les conflits régionaux ont accéléré la transition de la Chine vers les énergies vertes. De plus, le Premier ministre Li Qiang a souligné l’urgence de réformer le cadre énergétique national afin de donner la priorité aux sources d’énergie non fossiles.
Saturation du marché
Dans le même temps, le marché mondial est confronté à un afflux de pétrole brut. L’OPEP+ a prévu d’augmenter ses objectifs de production de 188 000 barils par jour pour le mois d’août, dans le cadre d’une stratégie plus large visant à supprimer progressivement les limites de production antérieures.
L’analyste de marché Tiago Lacerda a mis en évidence une accumulation substantielle de pétrole en mer, soulignant que les exportations russes ont atteint des niveaux records tandis que l’Iran a acheminé plus de 40 millions de barils suite à la levée du blocus naval américain.
Le détroit d’Ormuz
À les complexités s’ajoute l’instabilité du détroit d’Ormuz. Fereidun Fesharaki a souligné que l’Iran pourrait mettre en place un système de péage à plusieurs niveaux pour les navires transitant par le détroit après un délai de 60 jours.
Dans le cadre de ce système proposé, les frais de passage seraient déterminés en fonction des relations diplomatiques, les nations hostiles étant confrontées à des coûts plus élevés ou à d’éventuels blocages, ce qui compliquerait encore davantage la logistique énergétique internationale.
(at)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

