Principaux renseignements
- Le chef du PS, Paul Magnette, accuse le gouvernement fédéral de négligence après une surmortalité de 39 pour cent due à la vague de chaleur.
- L’impasse politique entre les autorités fédérales et flamandes a empêché la mise en place d’un plan d’action commun contre la canicule.
- Des défaillances systémiques dans les établissements de soins et les infrastructures d’urgence ont mis en danger les citoyens les plus vulnérables.
Paul Magnette, chef du PS, a lancé une attaque cinglante contre le gouvernement fédéral à la suite d’une flambée du nombre de décès lors de la canicule de juin. S’appuyant sur les données préliminaires du Groupe de gestion des risques, qui font état de 1 222 décès supplémentaires — soit une augmentation de 39 pour cent —, Magnette a accusé l’administration d’inaction et de négligence, affirmant que les citoyens avaient été pour ainsi dire abandonnés à leur sort pendant la crise.
Frictions politiques entre les différents niveaux de pouvoir
Les tensions politiques s’étendent au manque de coordination entre les différents niveaux de gouvernement. Le ministre fédéral du Climat, Jean-Luc Crucke, a sollicité une réunion conjointe afin d’établir un plan d’action unifié contre la canicule, mais sa demande a été ignorée par les autorités flamandes.
L’ancien ministre flamand du Climat, Hans Bonte, a qualifié l’initiative de Crucke de simple « coup médiatique », arguant que l’envoi de lettres en période de crise ne permettait pas de lutter contre le changement climatique. De même, le Premier ministre flamand, Matthias Diependaele, a soutenu que ces questions relevaient de la compétence régionale, rejetant toute ingérence fédérale.
Défaillances systémiques dans les établissements de soins
Cette défaillance organisationnelle a été comparée à la mauvaise gestion des maisons de retraite pendant la pandémie de COVID-19. Au cours de la récente vague de chaleur, les établissements de soins ont une nouvelle fois connu des difficultés, les résidents souffrant de déshydratation sévère.
Aimen Horch, chef de file de Groen, a fait valoir que l’absence de politique climatique décisive mettait des vies en danger. Il a proposé des solutions concrètes, telles que la création de zones de rafraîchissement publiques, l’extension des espaces de baignade et l’installation de la climatisation dans les écoles et les maisons de retraite, tout en appelant à mettre fin à la dépendance aux énergies fossiles.
Problèmes d’infrastructure
Défendant l’action du gouvernement, le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, a insisté sur le fait qu’un plan canicule était en place et avait été correctement mis en œuvre, soulignant que les hôpitaux et les établissements de soins avaient été alertés. Il a présenté le problème comme un échec sociétal plutôt que législatif, en soulignant que les plus vulnérables – tels que les personnes âgées et celles vivant seules – en sont les principales victimes.
Vandenbroucke a toutefois critiqué le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin, soulignant que la ligne d’urgence 112 avait mal fonctionné au plus fort de la canicule. Il a l’intention de rencontrer d’autres ministres de la Santé la semaine prochaine afin de faire le point sur la gestion de la crise.
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(ns)

