Principaux renseignements
- La Russie a déployé des drones autonomes « Molniya » pour contourner le brouillage issu de la guerre électronique.
- L’IA embarquée remplace les pilotes humains pour l’acquisition finale de la cible.
- Les deux camps belligérants privilégient désormais le guidage par logiciel plutôt que les liaisons radio.
Les forces russes ont déployé en Ukraine une version modifiée et autonome du drone d’attaque à voilure fixe Molniya. Cette version mise à jour ne comporte plus l’antenne de contrôle présente sur les modèles précédents, une modification destinée à éliminer la vulnérabilité à la guerre électronique qui affectait souvent les versions antérieures.
Ce changement a été découvert après qu’un Molniya a frappé un site ukrainien. L’analyse réalisée par l’expert en technologie radio Serhii « Flash » Beskrestnov a révélé que l’appareil ne contenait qu’un ordinateur embarqué et une caméra, ce qui suggère que le drone n’a plus besoin d’un pilote humain pour le diriger vers sa cible.
Plus besoin de liaison radio
Le Molniya d’origine constituait déjà une menace importante en raison de son faible coût et de sa capacité à transporter des explosifs sur des distances plus longues que les quadricoptères FPV standard. Cependant, son principal défaut résidait dans sa dépendance à une liaison radio, que les équipes ukrainiennes de guerre électronique pouvaient brouiller afin de perturber le signal ou le flux vidéo de l’opérateur.
En remplaçant cette liaison par un traitement visuel embarqué pour la navigation et le ciblage, la Russie s’oriente vers un système où la mission se poursuit même après la déconnexion de l’opérateur.
Vol autonome
Cette tendance fait écho aux développements du côté ukrainien, qui a déjà déployé le drone Hornet. Développé en collaboration avec Perennial Autonomy, le Hornet utilise un guidage assisté par IA pour réduire la dépendance aux signaux radio pendant la phase d’attaque finale.
Si le Hornet se distingue par sa portée de 200 km et sa charge utile de 5 kg, le point commun essentiel entre les deux systèmes ne réside pas dans leurs spécifications physiques, mais dans leur philosophie commune : transférer la responsabilité du guidage de l’humain vers un logiciel autonome pendant les étapes les plus dangereuses du vol.
Zones d’essais dans le sud de l’Ukraine
Ces drones autonomes Molniya seraient de plus en plus utilisés dans le sud de l’Ukraine, en particulier dans l’oblast de Zaporijia. Cette région constitue un terrain d’essai idéal en raison de son relief accidenté et de la forte densité de brouillage électronique, qui neutralise généralement les aéronefs télécommandés. Si les rapports régionaux officiels confirment une recrudescence des frappes aériennes russes, ils ne précisent pas toujours les modèles de drones utilisés, ce qui fait de ces rapports des observations du champ de bataille plutôt que des statistiques officielles.
La mise en œuvre d’un guidage autonome permet à ces drones d’être lancés vers des centres de commandement, des plaques tournantes logistiques ou des positions de troupes sans avoir besoin d’un signal constant. Si l’IA embarquée parvient à identifier et à verrouiller une cible de manière indépendante, cela rend les efforts traditionnels de brouillage ukrainiens bien moins efficaces. (fc)
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