Principaux renseignements
- Le taux d’inflation annuel de la Turquie a baissé à 32,1 pour cent en juin.
- Les cessez-le-feu diplomatiques ont fait baisser les coûts de l’énergie et des denrées alimentaires.
- La stabilité monétaire et la baisse des prix des matières premières soutiennent la stratégie de désinflation.
Les chiffres récents de l’Institut turc des statistiques (TurkStat) indiquent que le taux d’inflation annuel de la Turquie a reculé à 32,1 pour cent en juin, contre 32,6 pour cent en mai. L’inflation mensuelle a également ralenti, passant de 1,7 pour cent en mai à 0,99 pour cent en juin.
Incertitude persistante autour du détroit d’Ormuz
La précédente flambée de l’inflation était en grande partie due à la fermeture du détroit d’Ormuz, qui avait fait grimper les coûts mondiaux de l’énergie et des engrais et menacé la sécurité alimentaire.
Bien qu’un cessez-le-feu temporaire entre les États-Unis et l’Iran ait atténué certaines de ces pressions et partiellement rétabli le trafic maritime, la région reste instable en raison des affrontements militaires qui se poursuivent.
Stratégie de désinflation
Les responsables gouvernementaux ont salué les dernières données, y voyant le signe que la stratégie de désinflation du pays est de nouveau sur la bonne voie. Le ministre des Finances, Mehmet Şimşek, a noté que la tendance à la baisse avait repris après avoir été interrompue par des chocs d’offre externes. Il a attribué les progrès actuels à la baisse des coûts des carburants et à celle des prix des produits frais, se montrant confiant quant à la poursuite de la baisse de l’inflation tout au long de l’année grâce à la stabilisation des prix des matières premières et à une demande des consommateurs modérée.
Le vice-président Cevdet Yılmaz a fait écho à cet optimisme, laissant entendre que le second semestre de l’année verrait de nouvelles améliorations. Il a mis en avant les efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions régionales ainsi que de meilleures perspectives agricoles après les mauvaises récoltes liées aux conditions météorologiques. Yılmaz a également souligné que la stabilité de la livre turque constituait un facteur clé dans la gestion des anticipations de prix.
Changements potentiels de politique de la banque centrale
Ces évolutions pourraient influencer la Banque centrale de la République de Turquie (CBRT), qui avait suspendu son cycle d’assouplissement et maintenu un taux de pension fixe afin de gérer les répercussions du conflit au Moyen-Orient. Les analystes d’ING suggèrent que si la tendance se confirme, la banque pourrait reprendre ses adjudications hebdomadaires de pensions afin d’aligner les coûts de financement sur le taux directeur de 37 pour cent.
La CBRT avait auparavant revu à la hausse son objectif d’inflation pour fin 2026, le portant à 24 pour cent, invoquant les effets persistants de la guerre en Iran. La banque maintient toutefois ses objectifs à plus long terme, à savoir ramener l’inflation à 15 pour cent d’ici fin 2027 et à 9 pour cent d’ici 2028. Par ailleurs, l’indice national des prix à la production a affiché une hausse annuelle de 28,09 pour cent, avec une augmentation mensuelle de 1,80 pour cent en juin.
(at)
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