L’acquisition d’un nouveau système de défense aérienne en Belgique suscite de vives tensions politiques


Principaux renseignements

  • Des impasses politiques bloquent un contrat de 1,2 milliard d’euros portant sur des systèmes de défense aérienne norvégiens essentiels, NASAMS.
  • Des différends stratégiques opposent les technologies américaines et norvégiennes aux alternatives françaises et allemandes.
  • Les vulnérabilités des infrastructures critiques exigent des mises à niveau urgentes pour sécuriser les voies de transit des troupes de l’OTAN.

Le gouvernement belge se trouve actuellement dans une impasse concernant l’acquisition de nouveaux systèmes de défense aérienne, le Premier ministre De Wever cherchant à trouver une solution avant le prochain sommet de l’OTAN à Ankara. Alors qu’un contrat de 1,2 milliard d’euros portant sur dix batteries NASAMS norvégiennes — destinées à protéger les infrastructures nationales vitales — est prêt, des désaccords politiques bloquent le processus. C’est ce que rapporte De Morgen.

Vooruit souhaite la mise en place de systèmes européens

Le parti Vooruit a émis des réserves concernant le NASAMS, principalement en raison de son recours à des missiles américains. Il fait valoir que cela renforce encore la dépendance de la Belgique vis-à-vis des États-Unis et a suggéré le système allemand IRIS-T comme alternative préférable. De plus, l’Inspection financière a émis un avis défavorable sur l’achat du NASAMS, ce que les socialistes considèrent comme une préoccupation majeure compte tenu des contraintes budgétaires actuelles.

D’autres complications surgissent concernant les stratégies de défense à longue portée. Des partis tels que le cd&v, le MR et Les Engagés ne sont disposés à approuver la commande du NASAMS que si la Belgique s’engage simultanément à acquérir le système français SAMP/T.

La N-VA souhaite conserver le NASAMS

À l’inverse, la N-VA, dirigée par De Wever et le ministre de la Défense Theo Francken, préfère honorer les engagements existants envers la Norvège et reste ouverte au système américain Patriot, soulignant que les Pays-Bas utilisent déjà cette technologie.

La N-VA craint que l’armée belge ne se rapproche trop de la France et privilégie plutôt une intégration plus poussée avec les forces néerlandaises. Nos voisins du nord utilisent également le NASAMS.

La Belgique est vulnérable

L’urgence de ces modernisations tient au fait que les capacités de défense aérienne de la Belgique ont été considérablement réduites lors des coupes budgétaires des années 1990. Les experts militaires avertissent que le pays est vulnérable à des frappes aériennes visant ses ports et ses voies ferrées stratégiques.

La Belgique constituant une plaque tournante essentielle pour le transport des troupes et du matériel américains vers l’Europe de l’Est en cas de conflit avec la Russie, la protection de ces infrastructures est primordiale.

OTAN

Alors que le ministre Francken a mis en avant la création potentielle d’une usine Raytheon à Zutendaal pour stimuler l’économie, d’autres factions politiques restent sceptiques. Parallèlement, l’objectif plus large est d’atteindre les objectifs de dépenses accrues fixés par l’OTAN. La Belgique consacre actuellement environ 3,44 pour cent de son PIB à la défense et à la résilience, un chiffre qui, selon De Wever, positionne le pays comme un allié fiable sur la voie de l’objectif de 5 pour cent fixé pour 2035. (fc-

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