Les clôtures équipées de panneaux solaires : une nouvelle façon de réduire votre facture d’énergie ; l’intérêt grandit également en Belgique, mais les règles sont strictes


Principaux renseignements

  • Partout en Europe, on observe une tendance croissante à intégrer des panneaux solaires dans les clôtures des habitations et des locaux commerciaux.
  • Les installations photovoltaïques verticales complètent les systèmes installés sur les toits en captant la lumière du soleil le matin et le soir.
  • Grâce aux innovations dans le domaine des panneaux solaires bifaciaux, les sites commerciaux peuvent augmenter leur production d’énergie sur de longs périmètres.

Partout en Europe, on observe une tendance croissante à intégrer des panneaux solaires dans les clôtures des habitations et des locaux commerciaux. Poussés par un désir d’autonomie énergétique et par la nécessité de réduire les coûts élevés des combustibles fossiles, de nombreux propriétaires transforment leurs clôtures de jardin en mini-parcs solaires.

En Allemagne et au Royaume-Uni, des entreprises comme Enpal et 1KOMMA5° ont constaté une hausse spectaculaire de l’intérêt des consommateurs, tandis que le Royaume-Uni a récemment levé les restrictions sur les systèmes solaires branchables afin de les rendre plus accessibles.

Avantages de l’intégration verticale

Les clôtures solaires verticales offrent plusieurs avantages distincts par rapport aux installations traditionnelles sur toiture. Pour les propriétés disposant d’un espace de toiture limité ou inadapté, les clôtures constituent une surface alternative pour la production d’électricité. Ces systèmes sont souvent plus abordables à installer, car ils évitent de recourir à des renforcements de toiture coûteux.

De plus, leur nature modulaire permet aux propriétaires d’augmenter progressivement leur capacité. Bien que les panneaux verticaux captent généralement moins de rayonnement solaire direct que les panneaux inclinés sur les toits – produisant environ 5 à 7,5 kWh par jour sur une longueur de 10 mètres – , ils offrent un avantage décisif en générant des rendements élevés le matin et le soir, lorsque les systèmes installés sur les toits sont moins efficaces.

Déploiement à grande échelle grâce à l’innovation

Les progrès technologiques permettent d’augmenter rapidement l’échelle de ces installations. Par exemple, la société autrichienne Sunbooster a fait évoluer son offre, passant de simples systèmes de « balcon » de 800 watts à une version « Vertical+ ».

Ce système amélioré peut s’étendre sur une longueur allant jusqu’à 100 mètres et produire jusqu’à 18,8 kW, dépassant potentiellement le rendement de certaines installations sur toiture. Ces bandes flexibles bifaciales peuvent être intégrées aux clôtures métalliques existantes, alliant ainsi protection de l’intimité et production d’énergie.

Les experts du secteur soulignent que ces systèmes sont particulièrement efficaces pour les sites commerciaux, les pôles logistiques et les exploitations agricoles, où de longues lignes périphériques peuvent être mises à profit pour répondre aux besoins énergétiques locaux.

Viabilité financière et mise en œuvre

D’un point de vue financier, ces investissements deviennent de plus en plus attractifs. Selon le système et les subventions disponibles, le délai de rentabilité peut varier de quelques années à huit ans.

Cependant, une mise en œuvre réussie nécessite une planification minutieuse concernant la stabilité structurelle, la résistance aux intempéries et l’orientation des panneaux. De plus, l’impact esthétique sur les voisins et le respect des règles d’urbanisme locales constituent des considérations sociales importantes pour les utilisateurs résidentiels.

Obstacles réglementaires et normes de sécurité

En Belgique, l’installation de clôtures équipées de panneaux solaires est soumise à une réglementation stricte. Comme elles sont classées comme des installations électriques raccordées au réseau, elles doivent faire l’objet d’un contrôle de sécurité AREI obligatoire, réalisé par un professionnel agréé, avant de pouvoir être mises en service. Les propriétaires sont également tenus d’enregistrer officiellement le système auprès de leur gestionnaire de réseau (tel que Fluvius ou Sibelga) et de fournir une documentation technique, comprenant notamment les schémas de câblage et les certificats des onduleurs.

Le non-respect de ces protocoles administratifs et de sécurité peut entraîner des amendes importantes, et les installations de très grande envergure peuvent nécessiter une étude préliminaire du réseau afin de s’assurer que le réseau local est capable de supporter la charge électrique supplémentaire.

(at)

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