Principaux renseignements
- Les frappes de drones ukrainiens et les achats paniques provoquent des pénuries généralisées de carburant dans toute la Russie.
- Les autorités régionales imposent un rationnement strict et des limites de volume pour mettre fin à la spéculation.
- Moscou lève les restrictions sur le fret afin de maintenir l’approvisionnement en énergie essentielle dans la capitale.
Les pénuries de carburant s’étendent à travers toute la Russie, poussant les autorités de plus de dix régions à mettre en place des mesures de rationnement strictes. Selon des informations de Current Time et d’Ukrinform, ces restrictions ont atteint des zones pétrolières stratégiques et des territoires frontaliers, principalement en raison des attaques de drones ukrainiens et d’une recrudescence des achats paniques.
Mesures de répression dans les régions frontalières
Dans la région de Briansk, le gouverneur par intérim, Yegor Kovalchuk, a interdit l’utilisation de bidons pour faire le plein aux stations-service afin de lutter contre la pénurie artificielle. Il a admis que le risque de frappes aériennes près de la frontière avait compliqué la logistique des livraisons. Parallèlement, M. Kovalchuk a ordonné un réexamen des prix de détail suite à des informations faisant état d’une flambée des coûts. De même, la région de Koursk impose désormais que le carburant soit distribué exclusivement dans les réservoirs des véhicules, le dirigeant régional Alexandre Khinshtein appelant à une surveillance plus stricte des prix par le Service fédéral antimonopole.
Limites de volume pour freiner la spéculation
D’autres régions ont mis en place des limites de volume spécifiques pour contrecarrer les spéculateurs. Dans la région de Kourgan, les automobilistes des centres-villes sont limités à 40 litres d’essence et 80 litres de diesel, tandis que les stations-service situées sur les autoroutes autorisent jusqu’à 200 litres de diesel.
L’okrug autonome de Khanty-Mansi, plaque tournante essentielle de la production pétrolière, a également instauré des plafonds de distribution de carburant afin d’empêcher la revente et d’assurer la stabilité.
La crise a contraint la capitale à adapter sa réglementation. Les autorités moscovites ont temporairement supprimé l’obligation de présenter des laissez-passer de fret pour les camions-citernes, leur permettant ainsi de circuler dans la ville à tout moment sans encourir d’amendes, afin de garantir un approvisionnement régulier des stations-service locales.
Extension de la crise
Cette instabilité généralisée a débuté début juin, les premières pénuries apparaissant dans la région de Riazan à la suite d’une grève dans une raffinerie. Le 22 juin, des restrictions d’urgence ont été mises en place dans six autres territoires, dont Omsk, l’Amour et Voronej. À Irkoutsk, certaines stations-service ont complètement suspendu la vente au public afin de donner la priorité aux besoins des services d’urgence, tandis que Saratov a imposé une limite stricte de 30 litres par personne pendant une semaine.
Au total, le rationnement a touché au moins 20 régions russes, alors que l’État peine à gérer les perturbations de la chaîne d’approvisionnement. (fc)
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