L’autorité de régulation britannique Ofcom demande des explications à Telegram suite à un complot visant à incendier le domicile du Premier ministre Keir Starmer


Principaux renseignements

  • L’Ofcom reproche à Telegram de ne pas avoir empêché l’incitation à des activités criminelles.
  • Un coordinateur lié à la Russie a utilisé l’application pour organiser des incendies criminels contre des biens appartenant à Keir Starmer.
  • La loi sur la sécurité en ligne (Online Safety Act) impose aux entreprises de réseaux sociaux de prévenir de manière proactive les contenus illégaux.

L’Ofcom a demandé des explications à Telegram concernant ses systèmes d’identification et de lutte contre l’incitation à des activités criminelles. Cette enquête fait suite à la condamnation d’un citoyen ukrainien. En effet, cette personne avait pris pour cible des biens et des résidences liés au Premier ministre Keir Starmer. Par ailleurs, un représentant de l’autorité de régulation britannique a indiqué que l’agence avait contacté la plateforme pour obtenir des informations complémentaires. De plus, il a découvert que l’auteur des faits avait été dirigé via l’application par un individu ayant des liens avec la Russie. The Guardian rapporte ça.

Complot d’incendie criminel

La procédure judiciaire a révélé que Roman Lavrynovych, âgé de 22 ans, avait conspiré avec d’autres personnes pour commettre des incendies criminels en mai 2025. Ces crimes comprenaient l’incendie d’un véhicule ayant appartenu à Starmer. Ils incluaient aussi l’incendie de deux autres biens immobiliers. Finalement, Lavrynovych et Stanislav Carpiuc, un ressortissant roumain d’origine ukrainienne, ont tous deux été reconnus coupables d’incendie criminel. Ils attendent leur condamnation.

Les preuves présentées au cours du procès ont montré que Lavrynovych avait été recruté plusieurs mois à l’avance par une entité mystérieuse connue sous le nom d’« El Money » ou « Hroshi ». À l’aide de l’application Telegram, ce recruteur, qui communiquait en ukrainien et en russe, a proposé à Lavrynovych 3 000 livres sterling en cryptomonnaie pour allumer les incendies, filmer les incidents et s’assurer que les attaques soient relayées par les médias.

À la suite de ces crimes, le recruteur a exhorté Lavrynovych à fuir le Royaume-Uni, invoquant le statut élevé de la personne visée. Les forces de l’ordre ont récupéré plus de 320 messages échangés entre les deux parties depuis septembre 2024. Selon certaines informations, le recruteur ferait partie d’un réseau de sabotage basé en Russie.

Loi sur la sécurité en ligne

En vertu de la loi sur la sécurité en ligne, les entreprises de réseaux sociaux sont tenues de réaliser des évaluations des risques et de mettre en œuvre des mesures de sécurité afin d’empêcher les utilisateurs d’accéder à des contenus illégaux. L’Ofcom n’impose pas le retrait de contenus spécifiques. Cependant, il veille à ce que des entreprises telles que Telegram respectent ces obligations légales. L’autorité de régulation a qualifié ses contacts actuels avec la plateforme d’étape préliminaire avant une enquête officielle.

Telegram

Telegram, fondé par le libertaire Pavel Durov, a son siège social à Dubaï depuis que ce dernier a quitté la Russie en 2017. Alors que l’application était autrefois populaire en Russie, elle y a récemment fait l’objet de restrictions. De même, en Ukraine, il est interdit depuis deux ans aux membres du gouvernement et du personnel militaire d’utiliser ce service sur leurs appareils officiels, par crainte de la désinformation et de l’espionnage russe.

Ce n’est pas la première fois que ce service de messagerie fait l’objet d’un contrôle de la part de l’autorité de régulation. En avril, l’Ofcom a ouvert une enquête visant à déterminer si l’entreprise prenait des mesures suffisantes pour mettre fin à la diffusion de contenus pédopornographiques. À l’époque, Telegram avait nié ces allégations. Il affirmait que sa collaboration avec des ONG et ses algorithmes avancés avaient pratiquement éradiqué ce type de contenu de sa plateforme.

(mv)(fc)

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