Le chômage au Royaume-Uni recule, mais les salaires accentuent la pression sur la politique monétaire


Principaux renseignements

  • Le chômage au Royaume-Uni a reculé à 4,9 pour cent, la croissance des salaires ayant dépassé les prévisions.
  • La hausse des salaires pousse la Banque d’Angleterre à relever ses taux d’intérêt.
  • L’instabilité géopolitique et la multiplication des contrats « zéro heure » affaiblissent la vigueur globale du marché du travail.

Les dernières données de l’Office national des statistiques révèlent que le taux de chômage au Royaume-Uni a reculé à 4,9 pour cent en avril, contre 5 pour cent en mars.

Cette baisse, conjuguée à une croissance des salaires supérieure aux prévisions, accentue la pression sur la Banque d’Angleterre pour qu’elle envisage de relever ses taux d’intérêt. Alors que les économistes prévoyaient une stabilisation du chômage et un ralentissement de la croissance des salaires à 4 pour cent, les salaires réguliers, hors primes, ont en réalité augmenté de 4,4 pour cent.

Salaires élevés dans le secteur public

Les écarts de rémunération entre les secteurs sont manifestes, les salaires du secteur public ayant augmenté de 5,1 pour cent sur l’année, contre 2,9 pour cent dans le secteur privé. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey a déjà identifié la vigueur des salaires du secteur public comme un risque pour la politique monétaire.

Les analystes suggèrent que la banque centrale pourrait craindre que la stagnation, voire la baisse, des salaires ne stimule les dépenses de consommation, entravant ainsi les efforts visant à ramener l’inflation à l’objectif de 2 pour cent.

L’instabilité pèse sur l’emploi

L’instabilité géopolitique, en particulier le conflit impliquant l’Iran, a sapé la confiance des entreprises et des consommateurs, conduisant ces dernières à faire preuve de plus de prudence dans le recrutement de personnel permanent. Bien qu’il y ait eu une légère augmentation de l’emploi salarié en mai, celle-ci n’a pas suffi à compenser entièrement les pertes observées en avril.

Toutefois, les récentes baisses des cours du pétrole, alimentées par l’espoir d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, pourraient réduire les coûts énergétiques des entreprises et alléger quelque peu leurs difficultés financières.

Le resserrement du marché de l’emploi

Le marché de l’emploi continue de se resserrer, le nombre d’offres d’emploi ayant baissé de 19 000 pour s’établir à 707 000, soit son plus bas niveau depuis début 2021. Pat McFadden, secrétaire d’État au Travail et aux Retraites, a souligné que, bien que l’emploi ait augmenté de 400 000 par rapport à l’année dernière, l’instabilité au Moyen-Orient continue de créer de l’incertitude.

À l’inverse, Louise Murphy, de la Resolution Foundation, a averti que le marché du travail perdait de sa vigueur, citant une augmentation des contrats « zéro heure » et du chômage des jeunes, et soulignant que les salariés du secteur privé ont vu leurs salaires réels baisser depuis octobre.

(at)

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