Principaux renseignements
- L’adoption rapide de l’IA alimente la précarité de l’emploi et l’insomnie, en particulier chez les jeunes travailleurs.
- La plupart des employés estiment que leur entreprise ne leur fournit pas suffisamment d’accompagnement pendant cette transition.
- L’IA offre un soutien émotionnel précieux, mais peut aggraver une anxiété sévère en l’absence d’un suivi professionnel.
Une récente enquête menée par OpenUp auprès de 1 575 employés révèle que, si la majorité de la main-d’œuvre néerlandaise voit l’intelligence artificielle d’un œil favorable, une minorité notable éprouve une détresse importante.
Environ 11 pour cent des travailleurs déclarent souffrir d’insomnie due à des angoisses liées à l’IA, et un pourcentage similaire craint que cette technologie ne rende leur poste obsolète. Ces appréhensions sont particulièrement marquées chez la jeune génération.
Adoption rapide et fossé générationnel
Les données de l’Office néerlandais des statistiques (CBS) mettent en évidence une forte accélération de l’intégration de l’IA sur le lieu de travail, les taux d’adoption passant de 40 pour cent à la mi-2024 à 77 pour cent en mai de cette année.
Malgré cette croissance, les avis restent partagés : 37 pour cent des employés ont une opinion positive de ces changements, tandis que 22 pour cent ont une opinion négative. Parmi les 18-34 ans, 15 pour cent perdent le sommeil à cause de l’IA, et 18 pour cent des travailleurs du savoir de cette tranche d’âge s’inquiètent de la suppression de leur emploi.
Manque d’accompagnement de la part de l’entreprise
Les inquiétudes généralisées s’étendent également à la stabilité organisationnelle et au soutien de l’entreprise. Plus d’un quart des employés pense que l’IA réduira les effectifs globaux au sein de leur entreprise, et 41 pour cent estiment que leurs employeurs ne leur fournissent pas un accompagnement adéquat pendant cette transition technologique.
Il est intéressant de noter que de nombreux employés se tournent vers l’IA pour obtenir une aide psychologique. Environ 20 pour cent des personnes interrogées utilisent des chatbots pour bénéficier d’un soutien émotionnel, une tendance particulièrement répandue chez les femmes (27 pour cent) et les adultes âgés de 25 à 35 ans (29 pour cent). Un quart de ces utilisateurs recherchent des stratégies pratiques pour gérer le stress, l’éducation des enfants ou les troubles du sommeil, tandis que 18 pour cent utilisent cette technologie comme un journal intime numérique. Cependant, une plus petite partie du groupe utilise l’IA comme substitut à un ami (5 pour cent) ou à un psychiatre (12 pour cent).
Avertissements d’experts
Gijs Coppens, psychologue de la santé et créateur d’OpenUp, suggère que l’utilisation de l’IA pour structurer ses pensées ou se préparer à des interactions difficiles peut être bénéfique. Il met toutefois en garde contre le fait que l’intervention humaine est essentielle dans certains contextes. Pour les personnes souffrant de troubles anxieux, la tendance de l’IA à fournir un réconfort constant peut en réalité aggraver la situation. Dans ces cas-là, Coppens recommande d’éviter complètement l’IA ou de ne l’utiliser que sous la supervision d’un professionnel agréé. (jv)
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