Chine impose la résiliation d’un accord de plusieurs milliards entre Meta et Manus


Principaux renseignements

  • Meta renonce à l’acquisition de Manus pour 2 milliards de dollars (environ 1,7 milliard d’euros) à la suite d’une décision du gouvernement chinois.
  • Les nouvelles règles chinoises en matière d’investissement permettent désormais aux autorités d’annuler les accords internationaux impliquant des technologies nationales.

Meta se désengage activement de la société d’IA Manus suite à une directive du gouvernement chinois ordonnant l’annulation de l’acquisition de 2 milliards de dollars (environ 1,7 milliard d’euros) finalisée en décembre dernier.

Cette séparation opérationnelle implique de couper l’accès du personnel de Manus aux réseaux de données internes de Meta et d’interdire au personnel de Meta d’utiliser les outils spécialisés de Manus.

Intervention réglementaire de Pékin

Cette décision fait suite à une ordonnance rendue en avril par la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC) de Chine, qui a exigé l’annulation de la transaction pour des motifs juridiques non divulgués. Elle fait suite à une longue enquête qui a débuté peu après le rachat initial.

Une telle injonction est extrêmement rare, les autorités chinoises imposant rarement l’annulation d’acquisitions déjà finalisées, ce qui témoigne d’une position réglementaire particulièrement stricte.

« Singapore Washing »

Bien que Manus ait transféré son siège social et l’essentiel de son personnel à Singapour en 2025 afin de se distancier de Pékin avant la vente, la NDRC a affirmé que l’enregistrement offshore ne permettait pas de contourner la surveillance chinoise si l’expertise et la technologie de base étaient nationales.

Cette pratique, souvent qualifiée de « Singapore washing », n’a pas réussi à protéger l’entreprise. De plus, les cofondateurs Ji Yichao et Xiao Hong ont été convoqués par les autorités en mars et sont actuellement interdits de sortie du territoire chinois.

Financement du rachat

Pour mener à bien ce revirement, les fondateurs Zhang Tao, Ji Yichao et Xiao Hong envisagent de lever environ 1 milliard de dollars (environ 864 millions d’euros) de financement externe. L’objectif est de racheter l’entreprise à sa valorisation initiale de 2 milliards de dollars, les fondateurs pouvant éventuellement combler tout déficit de financement avec leurs propres capitaux.

Bien qu’ils n’en soient encore qu’aux phases préliminaires, ces projets pourraient conduire à la restructuration de Manus en une coentreprise chinoise et, à terme, à son introduction à la Bourse de Hong Kong.

Évolution plus large des règles d’investissement

Cet incident coïncide avec une évolution réglementaire plus large en Chine. À compter du 1er juillet, des règles actualisées concernant les investissements à l’étranger conféreront aux autorités un pouvoir accru pour entraver ou annuler les accords internationaux impliquant des données, du personnel ou des technologies chinoises, quel que soit le lieu d’enregistrement légal de l’entité.

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