Principaux renseignements
- Un nombre record de réfugiés sont rentrés chez eux l’année dernière malgré une instabilité généralisée.
- Les expulsions forcées et les infrastructures détruites masquent le véritable coût de ces retours.
- Une paix durable reste la seule solution permanente au déplacement de populations à l’échelle mondiale.
Des données récentes du HCR révèlent que le nombre de personnes retournant dans leur pays d’origine a atteint un pic sans précédent l’année dernière. Il parle d’environ 4,4 millions de réfugiés et de 10,3 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. Cela représente une augmentation de 50 pour cent par rapport à l’année précédente. Cependant, les Nations Unies considèrent ces statistiques avec prudence. Ces chiffres masquent d’importantes souffrances humaines et ne signalent pas la fin de la crise mondiale des déplacements de population. Le NOS rapporte ça.
La réalité des retours forcés
Une grande majorité de ces rapatriés, 92 pour cent, provenaient de seulement six pays : l’Ukraine, la Syrie, le Soudan, l’Afghanistan, le Myanmar et le Congo. Le nombre de retours est élevé. Cependant, les conditions sont souvent difficiles. Dans de nombreux cas, les retours n’étaient pas volontaires. Par exemple, le Pakistan et l’Iran ont mis en place des politiques plus strictes qui ont contraint des milliers d’Afghans à retraverser la frontière, et au Congo, des personnes ont été à nouveau déplacées après la fermeture forcée des camps de réfugiés. Même ceux qui ont choisi de rentrer se sont souvent retrouvés dans des environnements dévastés, en particulier au Soudan et en Syrie, où les infrastructures essentielles restent détruites et où la violence continue de faire rage.
Respecter la Convention relative au statut des réfugiés
À l’occasion du 75ᵉ anniversaire de la Convention relative au statut des réfugiés, le Haut-Commissaire des Nations unies Barham Salih a exhorté les nations à respecter ses principes fondamentaux. Il a notamment insisté sur la règle non négociable selon laquelle nul ne doit être expulsé vers un lieu où sa sécurité est menacée.
Les statistiques actuelles montrent une légère tendance à la baisse des déplacements dans le monde. À la fin de l’année 2025, on comptait 41,6 millions de réfugiés et 68,7 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. Des chiffres sont inférieurs de 3 pour cent et 7 pour cent à ceux enregistrés à la fin de l’année 2024. Malgré cette légère baisse, les chiffres globaux restent extrêmement élevés par rapport à 2016, année où l’on comptait 22,5 millions de réfugiés et 39 millions de personnes déplacées.
Une charge d’accueil disproportionnée
La charge liée à l’accueil de ces populations pèse de manière disproportionnée sur les pays voisins les plus pauvres, qui hébergent les deux tiers de l’ensemble des réfugiés. La Colombie et l’Allemagne arrivent en tête avec respectivement 2,9 millions et 2,7 millions de personnes, suivies par des pays tels que la Turquie, l’Ouganda, l’Iran, le Tchad et le Pakistan. Parallèlement, le Soudan accueille le plus grand nombre de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, soit un total de 9,1 millions.
Salih met en évidence une réalité qui stagne pour beaucoup. 70 pour cent des réfugiés sont déplacés depuis cinq ans ou plus. Il fait valoir que l’aide d’urgence est insuffisante et appelle à des solutions à long terme, telles que de meilleures opportunités éducatives, essentielles puisque 39 pour cent des réfugiés sont des enfants, et des voies vers l’indépendance économique. En fin de compte, il souligne que le seul moyen d’empêcher ces migrations massives réside dans un engagement mondial en faveur de la paix. Les tensions géopolitiques actuelles, en particulier les actions américano-israéliennes au Moyen-Orient, laissent entrevoir des perspectives sombres. Des millions de personnes supplémentaires sont déjà déplacées au Liban et en Iran.
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