Les émissions mondiales d’obligations d’État ont atteint un niveau record de 504 milliards de dollars au cours du premier semestre


Principaux renseignements

  • Les émissions mondiales de dette souveraine ont atteint des niveaux records pour financer la défense, les infrastructures et les énergies vertes.
  • La hausse de l’inflation et l’arrivée à échéance des prêts contractés pendant la pandémie obligent les pays à refinancer leur dette à des taux d’intérêt plus élevés.
  • La trajectoire des émissions de dette pour le reste de l’année sera probablement influencée par les décisions des banques centrales.

La forte augmentation des dépenses publiques pousse les émissions de dette souveraine à des niveaux sans précédent. Selon les données de Bloomberg, les entités publiques ont levé 504 milliards de dollars (435 milliards d’euros) sur les marchés obligataires syndiqués cette année, dépassant les totaux observés lors de la phase initiale de la reprise post-pandémique de 2020. Cette tendance résulte de l’aggravation des déficits budgétaires qui se sont creusés depuis la crise financière de 2008, accélérée par la nécessité de protéger les citoyens contre l’inflation et d’augmenter les dépenses militaires en raison des conflits géopolitiques.

Facteurs de l’endettement mondial

L’analyste Jens Peter Sorensen, de la Danske Bank, note que le principal catalyseur de cette frénésie d’emprunt est la nécessité d’un financement accru pour soutenir les infrastructures, la transition vers les énergies vertes et la défense. L’UE a modifié ses règles budgétaires afin de permettre une augmentation des dépenses consacrées à l’armement et à l’indépendance énergétique.

Alors que le Trésor américain s’appuie sur des adjudications standard, de nombreux autres pays, notamment en Europe, préfèrent recourir aux banques pour syndiquer leur dette. Cette méthode offre aux gestionnaires de dette un meilleur timing et un risque réduit en période d’instabilité des marchés.

L’Italie, acteur dominant sur le marché obligataire

L’Italie s’est une nouvelle fois imposée comme un emprunteur dominant sur le marché de la syndication, levant près de 70 milliards d’euros au premier semestre 2026. Parmi les autres activités notables, on peut citer l’Allemagne, qui a levé 14 milliards d’euros à la suite de modifications de ses politiques budgétaires, ainsi que des opérations record menées par la Serbie, la Belgique et le Royaume-Uni.

Le Mexique et l’Australie figurent également parmi les émetteurs les plus actifs cette année. Selon Johnathan Owen de TwentyFour Asset Management, les gouvernements tirent parti de l’appétit actuel du marché et de la forte demande de dette à court terme pour gérer leurs besoins de refinancement malgré des prévisions de taux d’intérêt volatiles.

Un paysage complexe en matière de loyers en raison de la guerre au Moyen-Orient

L’instabilité économique et l’inflation causées par le conflit dans le golfe Persique ont compliqué le paysage mondial des taux d’intérêt. Alors que la Banque centrale européenne et la Réserve fédérale américaine devraient resserrer leurs politiques monétaires, les investisseurs exigent des rendements plus élevés.

Cela s’est manifesté lors d’une adjudication d’obligations américaines à 30 ans le 30 mai, où les rendements ont dépassé 5 pour cent pour la première fois depuis 2007, et lors d’une émission de dette britannique à 10 ans en avril, qui a atteint des rendements jamais vus depuis 2008.

Obligations émises pendant la pandémie

Une part importante de ces émissions est liée à l’échéance de la dette émise pendant la pandémie. Natixis fait état d’une hausse de 26 pour cent des refinancements pour les gouvernements de la zone euro, ce qui suggère que le premier semestre record a été largement motivé par la nécessité de remplacer les obligations arrivant à échéance.

Cependant, le stratège Théophile Legrand observe que certains pays pourraient également « anticiper » leurs emprunts afin de s’assurer des taux actuels avant que de nouvelles hausses ne surviennent.

Perspectives pour le reste de l’année

La trajectoire des émissions de dette pour le reste de l’année sera probablement influencée par les décisions des banques centrales. Certains pays, tels que le Portugal, l’Espagne, l’Autriche et la Belgique, ont déjà commencé à émettre de la dette plus tôt que prévu.

De plus, des pays comme la Suède et la Grèce se préparent à entrer sur le marché avant la pause estivale habituelle. L’expert Harvey Bradley, d’Insight Investment, suggère qu’un volume substantiel de dette souveraine de la zone euro devrait encore être émis au cours du second semestre.

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