Principaux renseignements
- Les banques mondiales ont porté le financement des énergies fossiles à 906 milliards de dollars (785 milliards d’euros) l’année dernière.
- Douze institutions contrôlent désormais 40 pour cent de l’ensemble des capitaux du secteur.
- Les engagements volontaires en matière de climat, qui ont échoué, doivent être remplacés par des obligations réglementaires.
Une analyse récente, rapportée par The Guardian, révèle une augmentation choquante du soutien financier accordé au secteur des énergies fossiles, les principales institutions bancaires mondiales ayant octroyé 906 milliards de dollars (785 milliards d’euros) de financement l’année dernière. Cela représente une hausse de 8 pour cent par rapport à 2024, soit un total de 64 milliards de dollars (55 milliards d’euros) supplémentaires. Les organisations environnementales à l’origine de cette étude affirment que ces schémas de financement sont fondamentalement en contradiction avec les efforts mondiaux visant à limiter la hausse des températures.
JPMorgan investit le plus dans les énergies fossiles
JPMorgan Chase s’est imposé comme le premier contributeur, avec 58 milliards de dollars (50 milliards d’euros) versés au secteur, soit une augmentation de 13 pour cent par rapport à l’année précédente.
D’autres prêteurs majeurs, notamment Bank of America, les groupes japonais MUFG et Mizuho Financial, ainsi que Citigroup, figuraient également en bonne place dans le top 5. Barclays était l’institution britannique la mieux classée, occupant la huitième place au classement général.
Concentration des capitaux
Le rapport met en évidence une tendance inquiétante selon laquelle le « dirty dozen » (les douze salopards) — un petit groupe de banques très actives — fournit désormais 40 pour cent de l’ensemble des capitaux du secteur. Ces flux financiers sont largement concentrés dans six régions : l’Union européenne, le Royaume-Uni, la Chine, le Japon, le Canada et les États-Unis.
De plus, le financement destiné à l’expansion des activités pétrolières et gazières existantes a bondi de 27 pour cent, les entreprises basées aux États-Unis telles qu’Energy Transfer, Enbridge et Venture Global recevant les sommes les plus importantes.
En contradiction avec les objectifs climatiques mondiaux
Ces évolutions se produisent malgré l’Accord de Paris de 2015, qui visait à maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5 degré afin d’éviter des événements météorologiques catastrophiques. Depuis cet accord, les plus grandes banques ont injecté 8 700 milliards de dollars (7 500 milliards de dollars) dans le charbon, le pétrole et le gaz.
Les experts suggèrent que l’industrie des combustibles fossiles est en pleine expansion plutôt qu’en déclin, tirant parti de l’instabilité géopolitique et de la hausse des coûts énergétiques pour maximiser ses profits.
L’érosion des engagements environnementaux
Si 26 des 65 plus grandes banques ont réduit leurs prêts — notamment UBS, La Caixa et BNP Paribas —, les progrès globaux sont au point mort. De nombreuses institutions reviennent sur leurs engagements environnementaux antérieurs.
La Net-Zero Banking Alliance, une initiative soutenue par l’ONU, s’est effondrée à la suite d’une série de départs très médiatisés. Les analystes attribuent ce revirement à des pressions politiques, en particulier aux États-Unis, où le retour à une rhétorique favorable à l’extraction a encouragé les banques à ignorer les objectifs climatiques volontaires.
La défense du secteur bancaire
Pour défendre leurs actions, des représentants de JPMorgan Chase, Citigroup et Bank of America ont déclaré qu’ils devaient trouver un équilibre entre la transition vers les énergies propres et le besoin immédiat d’une énergie abordable, sûre et fiable. Ils soutiennent que leurs données internes reflètent plus fidèlement leur engagement en faveur d’un portefeuille énergétique diversifié que les estimations externes.
Compte tenu de l’échec des engagements volontaires, les experts affirment désormais que la responsabilité incombe aux législateurs et aux régulateurs financiers des principaux pôles économiques mondiaux de mettre en œuvre des restrictions obligatoires sur les investissements nuisibles au climat.
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