Principaux renseignements
- Le Bureau of Land Management met aux enchères 689 000 acres de concessions pétrolières et gazières dans la réserve faunique nationale de l’Arctique en Alaska (ANWR).
- Les parties prenantes locales restent profondément divisées entre les avantages économiques et les coûts culturels et environnementaux.
- Les coûts élevés des infrastructures et les tendances du marché dissuadent les grandes entreprises énergétiques de soumissionner pour ces projets risqués.
Le ministère de l’Intérieur vend, par l’intermédiaire du Bureau of Land Management, des concessions pétrolières et gazières en Alaska,rapporte Reuters. Les concessions couvrent 689 000 acres dans l’Arctic National Wildlife Refuge (ANWR). Cette réserve naturelle se situe en Alaska. Ce territoire vierge sert de sanctuaire essentiel pour les oiseaux migrateurs, les caribous et les ours polaires. La vente aux enchères actuelle porte sur 60 parcelles spécifiques ; les offres doivent être soumises avant le 3 juin et les résultats seront annoncés lors d’une diffusion en direct vendredi.
Législation et divisions locales
Cette initiative découle de la loi « One Big Beautiful Bill Act » signée par le président Donald Trump. Cette loi impose quatre ventes distinctes de concessions dans la région. Elle reflète l’objectif de l’administration d’augmenter la production énergétique nationale. Certains groupes autochtones et responsables gouvernementaux de l’Alaska soutiennent ces projets. Selon eux, ils créeront des emplois et compenseront la baisse des revenus pétroliers.
D’autres s’y opposent toutefois fermement. Nagruk Harcahrek, de l’organisation Voice of the Arctic Iñupiat, estime que le développement peut profiter à la région. Il précise que cela doit se faire en partenariat avec les gardiens autochtones. À l’inverse, Kristen Moreland, du Comité directeur gwich’in, estime que la valeur culturelle et spirituelle de ces terres est plus importante que les bénéfices économiques.
Réticence des entreprises
Bien que l’U.S. Geological Survey estime à près de 11,8 milliards le nombre de barils de pétrole récupérables dans la zone côtière proche de la mer de Beaufort, les entreprises montrent peu d’intérêt pour ces concessions. En effet, les tentatives précédentes ont attiré très peu de participants. Par exemple, la vente aux enchères de 2021 n’a suscité qu’un intérêt limité. De même, l’initiative lancée par l’administration Biden en janvier 2025 n’a pratiquement attiré aucun candidat. Cette situation s’explique par plusieurs facteurs.
D’une part, les coûts d’entrée sur le marché sont élevés. D’autre part, ces projets situés dans des régions isolées nécessitent plusieurs décennies avant de devenir rentables. Les entreprises considèrent donc ces investissements comme risqués. Par ailleurs, les sociétés énergétiques privilégient actuellement le rendement pour les actionnaires. Elles concentrent aussi leurs activités sur des sites de forage plus accessibles au Nouveau-Mexique et au Texas. Dans ces États, la production pétrolière américaine a déjà atteint des niveaux records.
Obstacles logistiques
Les défis logistiques de l’ANWR sont considérables par rapport à la réserve pétrolière nationale voisine (NPR-A). Alors que la NPR-A a récemment bénéficié d’investissements, notamment une nouvelle usine de GNL et 163 millions de dollars d’acquisitions de baux. L’ANWR se trouve dans une situation différente. La réserve ne dispose ni de routes ni d’infrastructures industrielles.
Actuellement, seule l’Alaska Industrial Development and Export Authority détient des baux dans la réserve. L’organisme gère six parcelles. Toutefois, aucune d’entre elles n’est exploitée. Malgré ces difficultés, l’American Petroleum Institute défend le développement de la région. Selon l’organisation, les ressources naturelles de l’Alaska sont essentielles à la sécurité énergétique des États-Unis. (rd)
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