Principaux renseignements
- La France a réduit le budget de son Fonds vert malgré une canicule record et un nombre croissant de décès.
- Les coupes budgétaires menacent des milliers d’initiatives essentielles en matière de restauration de la nature et d’efficacité énergétique.
Après une période de chaleur sans précédent en mai, la France fait l’objet de vives critiques pour avoir réduit le budget de sa principale initiative environnementale, le Fonds vert, rapporte Euronews. Marine Tondelier, présidente du des Écologistes, a qualifié le gouvernement d’« incompétent », suggérant que la décision de réduire le soutien financier aux projets climatiques constitue une forme de « déni climatique ».
Hausse du nombre de décès
L’urgence des fonds a été mise en évidence par une vague de chaleur record qui a vu 352 stations météorologiques enregistrer de nouveaux records mensuels. Les températures ont atteint 37 °C près d’Hossegor, causant plusieurs décès, dont celui d’un participant à une course parisienne.
Des experts, tels que la professeure Friederike Otto de l’Imperial College de Londres, affirment que ces conditions météorologiques extrêmes sont une conséquence directe du réchauffement climatique. Otto a souligné que les régimes climatiques actuels sont fondamentalement différents de ceux des générations précédentes, laissant les infrastructures existantes dangereusement mal équipées.
Adaptation urbaine à Paris
La France a tenté d’atténuer les risques, en particulier à Paris, où « l’effet d’îlot de chaleur urbain » emprisonne la chaleur dans le béton et l’asphalte. Le projet « Paris à 50 °C » a récemment réuni des scientifiques et des responsables municipaux afin d’identifier les faiblesses dans les domaines de l’énergie, de la santé et du logement.
Pour y remédier, la ville a remplacé des parkings et des trottoirs par de la végétation afin d’apporter un rafraîchissement naturel et un air plus pur.
Fonds vert
Le Fonds vert a joué un rôle central dans la stratégie d’adaptation : il a subventionné plus de 25 000 projets pour 13 000 entités différentes, dont des milliers de municipalités. Avec un engagement total de 4,5 milliards d’euros, le fonds se concentre sur la restauration de la nature, la prévention des inondations et la rénovation des bâtiments publics pour améliorer leur efficacité énergétique.
Malgré ces objectifs, les perspectives financières du Fonds sont en baisse, les projections indiquant une chute de 2,4 milliards d’euros en 2024 à seulement 873 millions d’euros d’ici 2026. Des rapports spécifiques font état d’une réduction budgétaire de 163 millions d’euros, soit près d’un cinquième de l’enveloppe initiale.
Perturbations économiques
Cette mesure intervient alors que le gouvernement français cherche à réduire de 4 milliards d’euros ses dépenses globales afin de stabiliser les finances publiques à la suite des perturbations économiques liées aux conflits impliquant l’Iran. Si certains rapports suggèrent que ces fonds manquants pourraient être rétablis plus tard dans l’année, il est possible qu’ils soient supprimés purement et simplement.
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