Principaux renseignements
- La Banque du Japon (BoJ) devrait relever ses taux d’intérêt ce mois-ci pour lutter contre la hausse de l’inflation.
- L’instabilité géopolitique au Moyen-Orient reste le principal risque pesant sur ce projet.
- Le gouverneur Kazuo Ueda vise à stabiliser les marchés tout en réduisant progressivement ses achats d’obligations.
Selon trois sources anonymes de Reuters, la Banque du Japon devrait relever ses taux d’intérêt lors de sa réunion de politique monétaire de ce mois-ci, à condition que les tensions au Moyen-Orient ne provoquent pas de perturbations graves sur les marchés. Cette décision intervient alors que l’économie japonaise est confrontée à des pressions inflationnistes croissantes, largement alimentées par la flambée des coûts énergétiques. Par conséquent, les responsables de la banque centrale surveillent de près l’instabilité géopolitique dans la région et son impact économique potentiel avant de finaliser leur décision.
Les taux d’intérêt atteignent-ils leur plus haut niveau depuis 1995 ?
Les projections actuelles du marché indiquent une probabilité de 80 pour cent que le taux directeur à court terme passe de 0,75 pour cent à 1 pour cent d’ici la fin de la réunion du 16 juin. Une telle mesure porterait les taux à leur plus haut niveau depuis 1995.
Le gouverneur Kazuo Ueda a signalé un changement de stratégie visant à lutter contre l’inflation, laissant entendre que les coûts d’emprunt pourraient augmenter plus fréquemment. Cette position restrictive est soutenue par les membres du conseil d’administration Kazuyuki Masu et Junko Koeda, qui ont souligné le risque croissant d’inflation. Les décideurs politiques s’inquiètent particulièrement du fait que les entreprises répercutent rapidement la hausse des prix de gros sur les consommateurs, ce qui pourrait faire grimper l’inflation au-delà de l’objectif de 2 pour cent.
Pressions externes
Plusieurs facteurs externes alimentent la pression en faveur d’une hausse précoce des taux. Au-delà du choc énergétique, la dépréciation du yen a augmenté le coût des importations, ce qui a encore fait grimper les prix intérieurs. Alors que la Première ministre Sanae Takaichi a exhorté la banque à tenir compte des efforts du gouvernement pour atténuer la hausse du coût de la vie, des initiés suggèrent qu’elle reconnaît qu’une hausse en juin est probablement inévitable. Makoto Sakurai, ancien membre du conseil d’administration, a noté que la décision repose désormais principalement sur la détermination du gouverneur Ueda.
Réduction progressive des achats d’obligations
Outre les discussions sur les taux d’intérêt, la Banque du Japon évaluera sa stratégie de réduction progressive des achats d’obligations et élaborera un cadre pour l’exercice 2027. Si le plan actuel de réduction devrait rester inchangé, des spéculations circulent quant au rythme des réductions des achats d’obligations à l’avenir.
Selon certaines sources, la banque pourrait ralentir ou suspendre ces réductions afin d’éviter une volatilité excessive des marchés. Le gouverneur Ueda a indiqué que, bien que le fonctionnement du marché obligataire se soit amélioré depuis le début du resserrement quantitatif en 2024, la banque doit garantir la stabilité alors que les investisseurs privés remplacent progressivement le rôle dominant de la banque centrale sur le marché des obligations d’État japonaises.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

